Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

1!10 IIIS'J'OIRE SOCIALISTE ment ,rapri•s lequel tout ounirr. qui travaillait à la mole c'est-à-dire au-dessous des prix imposés cl dans un alrlier interdit, était condamné:, j francs cl'am,·ndr ri signal,· partout. c·C'~t ainsi <pH.' les soriétC's tic sct·ours mutuels se lro11\"1.,rcnl utilisl'c-s par les "'",;,,,_pour la d<'frnsc de lrurs intérêls professionnels. Oans l'histoirr des as~odations profc:,,,sionnelles i1 cette époque, toute gri•ve conscic11tc, - j°<"11tend:,,, toute grt··,·c qui n'est point la ré\'oltc soudaine d'un prolétariat <TIICIIC"111cnt l'xploité, mais au contraire un mouvement réfléchi pour une rëduction <lu tcmp!-> de lra\"ail ou une modi(il'alion de la 1néthodr du lrnvail, - apparait c_·ommc l"œu, rc de -;ociétés de secours rnuluch,. En d{·rernbr( ' J8.3U, le p1·01·11rcu1·de 1.yon, qui rn cite do nombreuses pt•cuvcs, déclare que les société:- tic secours mutuels sont les auxiliaires accoulumécs des coalition s rl la soun·c de~ sociétés scc,·(·Lcs ». Et tous ses collègues, tous ces dè\'oués fon<·tionnaircs qur l'on charg<"ait aYanl Loutdc sun·ciller le:) ma:)scs ou, rièrcs cl ù qui l"un prCSl-ri,·ait d'autre p.-u l de favoriser les sociétés de ~rcours mulucls, M' demandai,·nt a\'ec inquiéluclc si celle double politique était bien cohérente. Qu"on mr prrmcttr <le citrr, à cc propos, un document encore int'dit et qui 111<111t1·c bien tout i, la foi, l'esprit <1ui ins1>irail les sociétés ouffières de secours mutuels N les inquiétudes des fonctionnaires. Je l'ai trouvé dans la série politique clrs .\rchi,·es du ministère de la Justice, récemnwnt dépos ée aux .\1·chhes nationales. l'11 ma1111facl111ic,r en peluc·hr, de Tarare, un nommé )lartin, a\'aÎl ru une g1•èq" en :nril l8'18: lrs 011, 1icrs aYaicnl Clé \"Îcloricux. En l8l1ü, en 1850, en 18.H, les affai,cs élan! prospères, ils a\'aicnl arraché <1uelques maigres aug111cntntions dr snl:1i1·e. En 18.32, pendant la morte saison, le patron es<·omptant l'appui du nou,·cau goll\Crncmenl el se <lisant que dt'sormais les 011,Ticrs sct·aicnt ruatf's, décida une baisse de 3 00, accula ses ouvriers à la gri•,e et refusa de rien cédc,·. Il l'c111porta: quelques renégats l'y al'aic nl aidé, en <·ontinua11t d(' tra,·aillcr. (h, cinq aos plus tard, en jan\'icr J8:-,ï, quatre ou,Tic,·s sonl C:\clus d\111rsocil'lé de secour-, mutuels qui a,·ail été formée r-nlre tous les salaril'"s de l'usine. Et les membres de la soriétt' a,ouent qu'ils les excluent, parce qu' ils ont tra\'aillé pendant la grè,·e. C'rst le patron qui déno,wa le fait dans une p<'lilion ,i'ui nous esl restée. Ce11,, pétition, tout en rél'élant une mentalité patronale asscr. amusante, é"1ai1·e d'un jour vif les trntath·cs des ouvricJ's fi l'inlêricur des socil~tés de secours muluels. • Il 11(' se prend, ('c..-hail le patron, nulle mesure dans nos manufactures, <)Uf' Jcs sociétcs n·cn délibèrent, pa1· Jeurs men('urs, dans des réunions non officielles: il ne se présente nul incident enlr<' ouvrier el patron, que laTpartie ouwièrc du Conseil des prud'hommes n'en déliohc, ne donne consultation; et si elle le juge à prnpo,, elle insiste d'office (nous l'a, ons , 11 plusieurs fois pour que l'ouffier, dan• l'intérêt de tous, dis~nt-ils,

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