IIISTOIHE SOCIALISTE :l8ï qui devait ètrc le plus ferme appui de l'ol'tll'c, est clcl'cnuc un foye1· de complots. I.e patriotisme de lr·ois cents de ses membres n·a pu anl'ter ses fatales tendances. Au lien de fai,.c des lois dans l'inlérèl g,·néral, elle fo,·gc des al'mes pour la guerre civile ... Je l'ai dissoute, et jr rends le peuple entier juge entre elle et moi ». l(n second lieu, le président d·clamc du peuple des pouvoirs plus étendus. « La Constitution, dit-il, vous le savez, avait été faite dans le but d'affaiblir d'avance le pou,·oir que vous alliez me eonficr. Six millions de suffl'3gcs furent une éclatante protestaliou conll'e elle, et eepcndanl je l'ai fidèlement observée ». i\lais le pacte fondamental n'est plus respecté de ceux-Ili. m«'·rnc qui l'invoquent sans cesse: ils songent« apri!~ avoir perdu dPu.t· monarchies» à lier les mains dn président, afin de rcn,·crscr la Hépublique. Pour mai11Le11ir la République cl sa,;ver le pays, le président demande donc au peuple de nouveaux pou\"oirs. Il lui demande « les rnoycns d'accomplir la grande mission qu'il lienl de lui». Celle mission, elle « consislc à fel'mcr J'èrc des révolutions, en satisfaisant les besoins légitimes du peuple, e.t en le protégeant contre les passions subversives. Jrne consiste surloul à e1·ée1·des institutions qui sur,·i\'enl aux hornmes et qui soient enfin des fondations sui· lesquelles ou puisse asscoil' quelque chose de durable•· Il faut par une nouvelle constitution, créer un pouvoir stable. Les bases fondamentales de celle consliluliun doivent donc ètre les suivantes: • 1' Uu chef responsable nommé pour dix ans: 2' Des minist1·es dépendant du pou\'Oir exécutif seul; 3' Un Conseil d'Etat formé des hommes les plus distingués. préparant les lois çt en soutenanlla discussion devant le corps législatif; 4' Un corps législatif, discutant et votant les lois, nommé par le suffrage univel'sel, sans scrutin de liste qui /a asse l'élection; 5° Une seconde assemblée, formée de toutes les illusl1·ations du pays, pouvoir pondérateur, gardien du pacte fondamcnlal el des libertés publiques.» C'est, on le rcconnaîl, le système du Consulat. La proclamation l'avoue haulemenl. Cc système n'a-L-il point, en effet, donné à la France« le repos cl la prospél'ité »? En l'adoptant, Je peuple saura pou,· qui, pou,· quoi il vote. JI votera pour un gouvernement fort, comme celui du pre~1ier Bonaparte.« Si vous croyez, lui dit le président en tel'lninanl, que la cause dont mon nom est le symbole, c'est-à-dire la .France régénPréc par la Révolution de 89 et organisée par r Empereur, est loujours la ,·ùtre, proclamez-le en consacrant les pouvoirs que je vous dcm;ude. Alors la France el l'Europe seront préscr,·ées de l'an:t.rchic, les obstacles s'aplan il'onl, les rivalités auront disparu, car tous respecteront, dans l'arrêt du peuple, le décret de la Providence.•
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