Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

388 IIISTOIRE SOCIALISTE Une proclnmatio11 du p1·,::-.id<•nt .:1 l'arnH:r dis1it cnsuitc- aux soldats l'affection particulière' qu"t1~1 Xapolt~on Bonapartc IC"ur gai <lait: • Xous sommes unis, disait-il, par des liens indissolubles. Voire histoil'C est la mienne. Il y a ent,·e nous, dans le passé, rommunautë de gloia·e et de malheur ; il y aura. dans l1aH•11ir. communaut(' de sC"nlimcnts C"lde résolutions pour le repos cl la grandeur de la France •· Co111plétant rel ensemble, une proclamation du préfet de p olice aux habitants de Paris les im ilait à garder l'ordre. • Ayez confiance dans celui que six 111illion, de suffrages ont élevé à la première magistrature du pays. Lorsqu'il appelle le peu ph• entier à r,,pri111rr sa ,·olonté, des fnctieu.x sruls pourraient ,ou loir y mettre obstacle. Toute tcntativ~ de désordre sera donc p,·omptcmcnt cl inflcxiblcmcnl l'épriméc v. Ainsi se présentait le coup d'Etat. Oa11s sa forme, comn~c dan s son fond, il rnulait •'Ire unr rép\ique f1di·le du 18 B,·urnaire. Dr m,'rnc que Brumaire avait permis au premier· Xnpolt·on d'org-aniscr la France l'égénérée, de même Décembre pr-rm<?tlrail au -;c-cond, poun u à son tour d'un pou,·oir fort, d'organiser la France républicaine de 1848. Et sùrement, scion le rè,c qu·a,ait conçu le président, Décemb re devait l'lre un succès, un succès plus sùr et plus complet encore que Brumair·e. Un nou,·eau coup d'l~tat, tenté par le ne,·cu du grand Empereu r, ce serait l'affirmation 11011vclle,éclatante, de l'idée napoléonienne. Et celle idée napoléonienne, ,·elle idée qui consistait, comme il l'a,·ait montré dans son ancienne brochure • à reconstituer la société française boulc,·ersée ... , à conrilier l'ord,·c et la libc1'lé, les droits du peuple et les prin cipes d'autorité 1) • n'était-elle point celle qui devait rallier l'unanimité d e la nation? Un pouvoir fort, stable,* tranquillisant les citoyens, permettant de compter sur l'a,cnir 2),,; un Gouvernement capable de faire le bien, de d~truire le paupél'isme, de résoudre pacifiquement le problème de la misè re, n'était-cc point 1,, ce que toutes les classes désiraient, ce qu'un i'iapoléon, seul, pou- ,•ait accomplir'.' L'aristocratie Îtnancière, n'affirmait-elle pas, p ar la bausse des cours il chaque victoire de l'cxéc111if, qu'elle voyait en lui • la sentinelle de l'ordre•? La bourgeoisie industrielle, dans toute la province , ne souhaitait-elle pas la 1111 de toutes les luttes pulementaircs, mème conduites par le parti de l'ordre, et la dissolution de l'Assemblée ne lui assure rait-clic pas pourloujours la tranquillité politique? Les Conseils généraux, tenus depuis le 25 Août s'étaient déclarés, presque il l'uuanimité, favorables à la révision de la constitution, c'est-à-dire à la prolongation des pouvoirs de LouisNapoléon. Et les petits bou1·geois, les petits industriels, les pe tits commerçants, ignorants êt de vue bornée, accusaient les parlementaires , les politiciens, les bavards, de la petite crise industrielle qui avait d érangé leun (1) 01"1 idér!11oapol(\ouiennr1, Préracc. (2J I\her-ie1 poliUques

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