Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHI~ SOCIALISTI~ r'était son propre minh,tèrc qui, naguère, avait proposé celle mutilation du suffrage uni,-erstl. ,\11 milieu des hrnits, habilcmcul entretenus, de complot royalisl<", la propo'°"itiondes q1H.•slc11rs « avait, comme dis:til :Magnan, donné barre• à l'l~lysée contre la major-il<' de l'Assemblée. El d'autre pari, le fait mêmr que la proposilion avait (·tt: repoussée avait contrib~1é à apaiser la crainte d'un c·oup d'l~lat qui tourmentait l'opinion. L'ancien carbonaro qui, scion la très juste expression de ~I. Tchernoff, avait orgauisé « une société secr~te au sommet de l'l~tal » allait pouvoir tenter son coup. Donc. dans la nuil du l" au 2 d,·rcmbrc une rornpaguie de gendarmerie mobile occupa l'imprimerie nationale. Sous la surveillance de deux agents de police, les typog.-aphes, premiers auteurs involontaires de la violation de la loi, durent imprimer les protlarnalions. Cependant, ~l. \'ieyra, avait fait crc,·er les tambours de la garde nationale. Et i\l. de ~la upas, arnc ses quarante commissaires, unanimement dédaigneux de la constitution, lançait des man4 dais d'arrêt. .\u matin, Ir palais dP l'Assemblée était occupé. 25.000 hommes d'infanterie, 6.000 cavaliers ou artilleurs prenaient position entre la Chambre el l'l::lyséc. ~l. Baze, questeur de l'Assemhl,•c, le g,·néral Changamicr, le général Bedeau, Ir génél'al Lamoricii·l'c, le gén,•ral Ca,aignae, .\J. Thiers étaient arl'èlés avant le jour. Al'l'èlés également les rrpréscntants républicains : Charras, Cl'cppo, l1 honrn.'.=tecthr:weouvricr lyonnais, qui seul, naguère, avail ,·oté avec Proudhon: \'alentin, le lieutenant; Martin i'iadaud, le maçon, rcpl'ésenlanl de la Creuse; Beaune: Cholat; Lagrange; ~liol; Hoger (du ;>lord). Arl'èlés el1fin les hommes du peuple connus pour leur ardeur répucainc, les militants, l'Cdoulés • comme chefs de barricades •· li y en cul soixanle-dix-huil qu'on conduisit à i\lazas. La besogne policière était terminée le 2, à sopl heures du matin. A la mème hcul'e, les afficheurs de la préfecture de police arnicnl fini de placal'der, sur tous les murs de Pa,·is, les pièces qui annonçaient le coup d'État. (11 D'abord un clécrcl, déclarant l'assemblée nationale dissoute, le suffrage univcl'sel rétabli, la loi du 31 mars abrogée, cl convoquanl le peuple français dans ses comices, du 14 décembl'c au li. ~:nsuilc une proclamation du président de ln Hépublique, un appel art peuple. Il faut analyser cel appel. S'il est vrai que Louis-Napoléon ail eu du coup d'l~tal, une conception, à lui, une conception que les évènements ou les passions des diverses classes l'ont contraint de déforme!' ou dépasser, c'est dans l'appel, rédigé avant même qu'il ne conn,it Ioules les conséquences do son coup, qu'il faut chercher celle conception. Le pré$idcnljustifre (l'abord la dissolution de l'.\ssemblée. « L'Assemblée,

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