Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

168 HISTOIRE SOCIALISTE noirs, pour les ressorts de wagons. Bienlot après, on se décida ,, l'employer pour les rails. Dans les mines, les procédés d'exLracLion s'étaient remarquablement perfectionné, : el les rapporteurs de 1855 pouvaient noter tout le détail du mécanis1nc nouveau des puits el des wagons. Dans le trxtilc, mêmes progrès, même révolution : les peigneuses 1lcil .. mann et llubner accélèrent la préparation du colon et de la laine; ,, partir de J8GO, d'autre parl, les métiers renvideurs empruntés à l'Angleterre, achcrnienl de t.1·ansforme1· nos filatures. :\lalgré la crise de la guerre de sécession, de 1848 à 1860, l'industrie du colon doublait son chiffredeconsommation de matière première. En 186!!, elle en consommait annuellement pour 120 millions de kilos. Et d'autre part, la crise colon nii,re surexcitait à partir de 18Gl l'industrie de la laine et celle du lin. L'industrie des produits chimiques faisait de son côté des progrès inouïs. Des inY"'lllions successives mettaient i1 la portée de l'industrie les produits de laboratoire: en 181,0, le sodium valait 7.000 francs le kilo; en 18ï0, il valait 6 francs; dans le même Lemps, le prix du sulfure de carbone passait de 200 à 1 franc. Et cependant, de 181,7 à 1865, la valeur de la production totale de celte industrie décuplait. En 1856, la découverte des couleurs d'aniline par Perkins révolutionnait l'industrie de la teinture. L'industrie du papier subissait des transformations analogues; en 1852, apparaissait la p:ite de paille; en 1867, la paille de bois. Et les prix baissaient énormément. Enfin l'industrie du sucre, pourvue en 1850 de l'hydro-extracteur, et quelques années plus tard du lrailement par la chaux, quadruplait sa production de 1858 ,1 1870. i\lais ce qui éclate surtout, c'est le nombre inouï des transformations mécaniques. Soit en 1855, soit en 186i, les rapporteurs des expositions altestenL combien de métiers le machinisme vient alors révolutionner. En 1855, ce sont les machines à scier et à débiter le bois, les machines à ouvrer el travailler les bois débités; cc sont les procédés mécaniques employés dans le bàtiment. En 1867, ;\fiche! Chevalier, dans son rapport général, signale la découverte du métier ,1 tricoter, qui assure à la production un accroissement de 1 à 6.000, • une femme habile à faire le tricot faisant à la main 80 mailles par minutes, et pouvant en faire 480.000 avec le métier circùlaire ». Le rapporteur indique de même la révolution c1ui s'accomplit dans la serrurerie, oi, désormais les clous de tout échantillon se font à la machine, puis dans la menuiserie, dans tout le bâtiment. « On façonne mécaniquement la charpente, et on LaiIle mécaniquement les pierres. Une machine pétrit le mortier; une autre élève les _pierres ou les briques, en remplaçant pour les maçons, l'apprenti qu'ils appelaient l'oisean. On fabrique à la mécanique dee châlels tout entiers en pièces numérotées pour ètre expédiées par les ehe•

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