HISTOIRE SOCIALISTI~ arheva de constituer le prolétariat, elle fit plus ,·ive sa misèr~, plus nécessaire l'entraide, et elle lui rendit ,·oix et force. C'est la ré\'olution industl'iclle, préparée depuis longtemps, mais qui fut pa1·ticulièremcnt intense de 1850 à 18G0, qui permit on nou,·cl essor aux idées socialistes. Les établissements de crédit, le dévdoppement des chemins de fe1·, les encouragements de toutes sortes don1u~s au commerce el i1 lïndustrie, en u11 mol, la politirtue industrielle du nouveau gou,·('1·11emcnt. contribuèrent ~ celle ré,1 0l ution. ~lais il ne faut point l'ouhlier:: le phénomène était g~néral. En .\nglclel'1·e, en Allemagne, aux Etals-Unis, les années .30 forent une ère de prospérité: les Coups d'Etat n'ont point le pOu\'Oir de faire nait,·c brusquement. du sol if's manufaeturcs ou ]es chemins de fer; cl les formes du g-ouvcrnC!ment 11ïnflucnl pas aulant qu'on le n~nt birn dire sur l'économie f(énérale. ~lais il est de fait, qn'en ces années, l'esprit d'entrep1·ise se déploya n1agrrifique111cnl et que les transformations des mdho<les et des exploitations se m11ltiplièrenl alors avec une intensité inouïe. ILnoos faut décrirc,rapide,ncnl, d'ensemble cet e-ssor de lïnt.lustrie française, de 18o2 à rnïO. Il fnt marqué essentiellement par l'extension rapide du champ d'action de lïndu~tric, et par l'utilisation de plu.s en plus grande des décou,·ertcs sricnlifiqucs. l.a facilité nouvelle des communicntions avait pet·mis d'atteindre cle nournau" marchés; la clientèle de chaque industrie avait pu devenir une clientèle nalionale cl parfois rnèmc <léjù internationale.. 1~, politi<1ue lihre-échnngiste, qni aboutit au traité de commerce de 1860, loin de jus-tifier, au moins par ses résultats généraux, les craintes des industriels, leur avait permis d1alleindrc )es nrnrchés étrangers; mais elle les avaithcur-euscmenl C'Ontrai nts de transformel" leur outillage et d'augmcn ter la productivité de leurs usin-cs. Les in\'entions noLrvellesavaientaidé à cette transformation: en l8l1ï, 2.000 brcYets d'inYenlion avaicnl 6té pris; en 186ï, il y en a,·ait plus que le double. L'emploi de la vapeur comme force moh'ice s'était généralisé; ta force <1tilisée pM l'indost1·ie en 1869 était de pins de 320.000 chevaux: eu •ingt 11.nselle a,-ait plus que quintuplé. C'est l'indn9Lric mëtallurgiquc qoi certainement accomplit les progrès les pltrs remarquables. La sul\stitution du combt>stible minéral au combustible •égétaVamcnait nne diminution rrotable do prix ùes fontes et des fers: fe qoi:ntal de fonte au bois revenait à f3 fr. 14; au coke, il ne coùtait plus qne 8 fr. 08, En "ingl ans, le fer diminuait de plus de 30 010. Alors son emploi se gén.él'alrsait: les• constructions de machines et de na,,ii-e·s, la fabrication des rails de chemins de fer, la suh·stitution progressiYe du fci- au bois dans Je-l,à\'inoent ofîl'ai~nl chaque jour des débouehés nouveaux, qui suscitaient enC'Me de now.-ellcs transformations. D'autre pa1·t, la sabstilutiO'n tle l'acier puddlé à l'acier de forgce, puis a'près 1860', la di'ffusion do procédé de &s-er 1'·aie111 réduit de 01oitié ·le co1Tl de la fabrication de l'adcr; en quclqaes années, la prodnctiou de ce métal avait décuplé. Dès l'Expositiort de t855, Ml l'employait pour les bandages, poor les cylindres de lami-
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