wo HISTOIRE SOCIALISTE ------------------------------------ la politique des Cinq, non plus considérée comme 1111 pis-aller, co 11me l'unique moyen qui resta il eneorc <le faire entendre une dc111i•protcstation, mais pratiquêc po111' cllc-mt~1nc, se suffisant h cllc-mè1nc, et comme le complCmcnl désormais at·ccpté du 1·égimc impérial. Que cc fut l'opinion de ~I. ,::mile Ollivic1·, le <lémocl'ate assermenté. par cxccllenl'e, nul n'en doute. ~lais notre homme <.·ile ses auteurs. Au lendemain des élections, Rémusat écri,·ait: « J'oublie le passé pour ne songer qu'au bien p~1hlic. 1► - « Les élections, disait de s011 cùté Em. de Girardin, 11c ,·c1ilcnt pas dire: Renversement de l"édifice p0ur ,·ccunstruire cc qui a été détruit le 21, fénie,· J81,8: non. Elles ,·culent dire: Couronnement de l'édifil'c. Hien de plus et surtout rien d'autre». Pl'é,·ost-Paradol estimait 1< que les ,·œux <le la rnajol'ilé des Parisiens n'allaient pas au-delà d'une réforme et <le l'é·la1·gisscrnent des libertés publiques». Et c"était enfin Jules Ferr, lni-mèmc qui disait:• ~lalgré les provocations cl les impt·uden<"es, la question élccloralc ne s'Psl pas posée sur le tc1Tain ré\'olutionnairc, l'opposition a partoui accepté la consLituLion cl la dynastie; les mùiorilés n'ont pas ,,oté contre l'Empire. Jamais aspiration plus libérale ne fut plus marquée, plus légale, plus fran~hc; jamais a,·crtissc111enl plus modéré, plus rcspccll)CUX ne fut donné au pou• voir». (Cf. Empire libéral \'1, 250-61). C'est l'impression très nette qui nous semble ressortir tout ù la fois de ces tcxtesct des é,·èncmcnts: insensiblement, par la force du serment prèté, par l'obligation qu'il imposait colite que co,itc de faire el de ne faire qu'une opposition constitutionnelle, par le rapprochement avec les orléanistes, c'était à l'olli,·iérisme que Jcs élus de la gauche de,·aient être entrainés. M. Ollivier a raison; et ce n'est point-. pour une fois - son insupportable orgueil qui lni dicte l"appréciation, les élections de 1863 devaient ètre le début d'un • Empire libéral», et d'un Empire ribéral qui aurait été autrement solide que la misérable construction de 18i0. Comment l'évolution qui s'annonçait ne s'est-clic donc pas accomplie? ou plutôt comment ne s'est-elle que partiellement produite? Comment, dans le parti rt•publicain même parlementaire, une opposition vraiment républicaine a•t-elle pu 1·cparaitre? Comrncnl une lutte à outrance contre ce gouvcrnen-1cnt, « rétroactivement reconnu légitime pal' )es élus <le l'opposition », a-t-elle donc pu être engagée' Est-cc à Jules Simon que la gauche doit d'avoir 1·ompu avec !~mile Ollivier? Est-ce à un sursaut de conscience du parli républicain que nous dc,·ons d'avoir eu, dans les dernières années de l'Empi,·e, une opposition capable de reprendre en sous-œuvrc le travail des Cinq, capable de proclamer de nouveau son idéal républicain, capable d'engager cette fois une lutte à mort contre le pouvoir criminel issu de décembre? La vraie cause de cc rnnouveau républicain, après 1863, ce fut l'opposition ouvrière. Elle s'était produite clairement une première fois, par la candidature du typographe J. Blanc contre llavin; elle allait se produire de I
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