Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHL~ SOCIALISTE parlemenlaircs, Odilon Ba1Tol, H.émusat, Dufaure, :\lontalcmbcrl, CasimirPéricr, ne purent venir prendre part aux nou,·cllcs luttes oratoÎl'CS, el que Thiers, élu à Paris, ful battu à \'alcncicnncs cl à .\ix. Qucl<Lucs membres de la gauche a\'aicnl cependant été élus en pro,incc: llénon cl Jules Fa\'re i1 Lyon, :\laric ~1 :\larscillc en même temps (JU!! Bcrryc1·, le normt1nd l lavin dans la :\Janche, Dorian :\ Saint-l~ticnnc, :\lagni11 dans la Cùtc-cl"Or, Clais• 0izoin dans les Cùtcs-<lu-?\ord. Et c'étail seulcmcnt par le vole des morts, dociles à son appel, que l'admistralion avait fait échouer La,e1·tujon il Bordeaux. Dans l"rnsemhlc. s111· n.n~~S.ti8.J inscrits, et 7.2G2.U2:~n1tants, l'opposition avait réuni J.95l1.3GH ,oi~ contre ::..308.2,>'• aux tandidals du gou,·ernemcul. L'effet moral était peut-être plus gl'and encore que le succès 111ah~riel : le,., pl'oscrits, toujours ardents à prendre lc111·s r1.~,·es pour la réalité, C'rurent même que c·étail la fin du régime. Il n'en ëtait rien. On peul mèmc dire que c·t:tait le com111cncc111cnl<l'une consolidation. Les hislorie11s nous semblent s'y être trompés. Pan:e que les élections de l8t;;3 «.·oïncidèrcul a,·cc le déhul du mouvement 011,Tier cl populaire contre l'Empire, parce que pour le peuple parisien, effccti,·cment, cil.es rnarquèrcnl Je commencc1ncnl de la lutte attendue depuis si longtemps, ils ont cru que ces élcclions a,·aient comn1cncé d'ébranlcl' l"Empi"e, qu'elle:; étaient« un a\'erlissemenl gl'a\'C pour _Xapolêon Ill ». Non, t·esl ~apoléon Ill lui-mèmc qui jugea bien en se conlcntaot de condamner la politique de ~l. de Persigny el de remanier le ministère pa1· les décrets du 23juin. Persigny 1•clcvéde ses fonctions, ~lorny, le protecteur el l'ami <l'Olli,-ier, remis à la présidence du nouveau Corps législatif, ~I. Billault ministre d'l~lat, chargé de défcnd.-e la politique c.lu maitre, au lieu cl place des minisl1·es sans portefeuille supprimés, lïnspcctcur Yictor Duruy, anticlérical el républicain ,, l'instruction publique, el rodéanistc Béhic aux Travaux publics, tels étaient assez cxactcmcnl les changements que de"aient imposer les élections de 18133, cl rien davantage. Lorsque ~I. !~mile Ollider nous affirme, en effet, que • cc que le peuple de Paris approuva en 18()3, cc fut la politique des Cinq ... , qu'il rnulut, non renverser l'Empire, mais substituer l'Empire libéral à l'Empire a11loritail'e » {Empire libéral, YI, 261,, il est bien certain qu'il se trompe et d'une maniCrc qui sert trop loin son plaidoye,·. Le peuple de Paris Yolait pour les Cinq ou pour Thiers, parce que cc ,·ote lui semblait, élcctoralcment du 1uoins, le meilleul' moyen de manifester son hostilité à Badinguet.« Trognon <le eomme ou trognon de chou, disait l'un d'eux, je m'en moque; pourvu. que mon bulletin dise claiserncnl opposition, cela me suffit•· Au demeur~nL, la classe ou,Tière n'allait pas larder à prou,·cr comment elle entendait la lutle contre l'Empire. Mais il n'en est pas moins uai que dans le monde bourgeois, dans le D10Dde parlementaire, c'était la politique des Cinq qui tendait à s'imposeD,

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