Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIR~: SOCIALISTE la p,·essc, parce que leurs feuilles, affiliées au Palais-Royal c,e,·çaicnt ii Pal'is une vraie diclaturc de l'opinion de g-a11chc: cl si une vigoureuse campagne de la Press,' et du Temps. alors aussi habile qu'indépcnda11t, les conlraig-nil :1 obscr,·er quelque con,·enance, à ne pas poser Jeurs candidalul'es contre un des Cinq, par exemple, il fallut cependant leur tailler leu,· part. On vit ensuite les discussions des Comités. les efforts des hommes de 48, de Carnot, de Garnier-Pagès, de :\larie pour soustraire le parti il l'autorité des Cinq. On ,·il Carnot convoquer «:hez lui les délégués de Lous les groupes républicains, leur demander d'élire un comité de vingt-cinq membres, puis démissionner parce qu'il avait été élu seul. sans Garnicr-Pag-ès. sans :.\Tarie, et lùchant les démoc1·ates, les oun·iers qui avaient contribué à ce vote, former "dictalorialcmenl » un Con1ité consultatif, oü les enfants de chœul' des Cinq, Ferry, Durier, Clamageran, Floquet. llérold, tous les jeunes auteurs du .llanuel et,Jt•toral, s·unirent aux anciens pour apprendl'e aux masses corn ment on fait des élections. :\lais. comme le dit Pessa,·d, « lout s'arrang-e dans le monde, loul se tasse, même les candiclatu,·es •- El les candidatures de 1803 finirent aussi par se tasser. Les Cinq furent tous reportés comme candidats: on livra deux circonscriptions à llavin et à Cnéroult: Eugène Pelletari et Jules Simon complétèrent la lisle avee Thiers. Restait il faire avaler cette candidature au, démocrates parisiens. Les efforts cl'J~mile Ollivier cl consorts n'y auraient peul•ètre point réussi. ~I. de Persig-ny, heureusement, jugea bon d'inten·enir, de déclarer ?ans une circulaire fameuseLnent inopportune que, malgré ses tra,raux d' « IListorier~ national», Il(: Thiers était un ennemi déclaré de l'Empire et de l'Empc1·eu1· :.. 11 n·en fallait pas pins: dans la masse puisicnne, 1:·était encore la bai ne du régime impérial qui dominait. Le nom de Thiers disait donc, lui aussi, opposition I Comme l'a dit spirituellement ~I. fimile Olli>·ier. • le gouvernement ne ,·oulant pas de Thiers. les ouvriers commencèrent à en vouloir ». Pour faire échec au massacreur de décembre, ils se ,·ésig-nèrent à voter pour celui de 1831,; et le Comité républicain de 1~ llutte-cles-:\loulius dnl solenntllement le lui déclarer. Le succès,, Paris fut complet: les ,·otes du 31 mai et du 1" juin donnërent la ,·ictoire à l'op1Josition. Jules Favre, l~mile Ollivier, Darimon", Picuà, lla,·in, Jules Simon, Pelletan et Thiers furent élus au premier lour, et l'élection de Guéroult était assurée pour le ballottage. Dans les dépa,·tements, le succès avait été moindre: les moyens des candidats officiels demeuraient là plus efficaces. Places ou promesses de places, révocations ou avancements, routes, chemins de fer, sub,,entions, le gouvernement n'était point chiche rl'inle1·ventions de toutts sortes pour démontrer 1'111ililéd'un bon vote; et quand tout cela ne suffisait point, il savait frapper l'adversaire. Ce fut ainsi q11'en dépit de l'appel de sept é,·éques qui avaient invité to11sles calholic1ues à ,•oler, plosiem·s des cléricaux, hostiles au gouvernement, furent vaincus el Keller tout le premier; ce fut ainsi q,ie les aneiens

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==