Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTI·: 1.-,3 d'opposition de Curé, qui depuis ... En 1860, par son appui cl contre la préfecture, clic antit fait entrer au Conseil muniripal dix-huit républicains. Et clic sapprètail ù mener une fière bataille pour les élections de ISG:L A Lyon aufsi, cl à Marseille, dans les <leu:\. g1·andcs cités, si incr'lcs en 1832, quelque de rcpa1·aissait. .\ Lyon, si le f>rD!,(ri's était hirn ti1nidc, bien hlchc mt".mc dc,·anl le pou\"OÏI', par de petites reunions. pa1· le colpol'- tagc, les amis <lïlénon augmentaient lcu, .. nombl'c, et obtenaient <les ou,Tirrs un concours de plus en plus efficace. A '1a,·scille, au café Cardinal. an café de Paris, il l'.\thén('c méridional, de petits grouprs ~c ,·éunissaiPnl: des fH'ofcssc111·s, des ou,Ticrs, des a,·ocats, des banq11ÎCl'S mt.,mcs s'y retrouvaient; ils s'appelaient Brod,icr, Crémieux, 1::1icnnc, l)elpech, Cnsta"c Xaquct, C:rirnanclli et aus►i l3astcli<'a. le socialislc. :\lais si. dans cJ"aut1·es villes encor(', c·omme it Ounkel'qu<', on lrou\'ait quelques pet ils noyaux, était-il possible dt'." se lcuner :1 Et ne sa\'ail-on pas, par les COl'rcspondanccs, par les relations qu·on essaya.il d<" 1·cnouer que beaucoup de ,·ieux cl fidèles répuhlicaing, aigris, décou1·agé5, 1 sans espoir, considél'aicnl encore l'abstention. comme la seule protestation digne? Les élections de 18()~approchaient: les dirigeants du pa1·ti républicain résolurent de fai,c 1111 grand effort pour amener le parti tout e11ticr ù rc11onccr à l'abstention. L'ho111:mc uni\'('rscllemcnt honoré cl estimé <p1'était Garnicr-PagCs se chargea de faire dans ce but une immense loul'née de propagande: il parcourut les dëpa1·tcments, du Nord au, i\lpes-:\laritimcs, visita plus de soixante ,·illf's, rendit courage aux timides, concilia les oppositions, et três. SOU\'Cnt décida à \'Oter, à agir. L'idée abstentionniste, cependant ne disparut point; mais clic thangea de signification. A cùté de quelques obstinës de 18'18, romme .Iules Bastide, i, coté des exilés, de \'icto,· llugo, de Chan·as, elle avait pour arocats ardents Proudhon et ses disciples comme Chaudcy et Durh,'ne. Pendant la période électorale, ils publièrent des manifestes. des lettres aux journàux, le tout peu lu, peu rc111ar<JtH~. :\lais sur le tard, la brochure de Proudhon sur les Di!mocrntes nssrrmentés et les réfral'lnires, donna à celle these quelque illustration. Des historiens l'ont sé\'èrcmcnl tondamnCc. :\1. Georges \\'cill, dont les OU\'rages sur le Parti républicain OH le Jlom,ement ~"ocial ('Il Fr11n,·e se signalent aul~nt par l'effort d'impartialité qu'ils révèlcnl que pa1· une abondante docu1nentatio11, se dt~partit pr~sque de son habituelle ohjcctivité. quand il parle de celle attitude.« Par une étrange bizaneric, dit-il, ce publiciste indifférent aux formes politiques, en bons termes a,·ec le prince ~apoléon et Girardin, trouvait déshonorante la politique modérée des Cinq cl ne ,·oulail point qu'on p1·ètàt serment; peul-être est-cc uniquement l'esprit de contradiction qui le poussait». C'est vite dit~ J'avoue quanl il moi n'a,·oir senti dans cette brochure, tout entière écrite à la gloire du suffrage universel, une indifférence politique quelconque; et si la politique de Proudhon n'n,·ail

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