I IIISTOIRE SOCIALISTE ricu de praliquc alors, si clic allait contre tout le rnou,·ernenl <l'opinion du parti 1·épublicai11, clic avait vraiment de quoi séduir;c des esprits généreu~ cl indépcn<la11ls. Loin d'ètrc bizarre et contradictoire, elle était.- d'une éclatante continuité. Cctt(• politiqur p1·ort·d<· tout cntiè1·c de la roufiancc d:w~ le sufTl'agc 11niv1'l'S<'I; ellr· fait appcl à <·e qu'il y a tic nH'illeur cl <le plus vigou1·cux dans la massr de la r.ation. En 11t:ns J832. alors que la majol'ilé des rl·puhli<"ains était ab:,;.t('11lionnÎ:,;.l1•, Pl'nudho11 ,·01ilait <1u'on \'otàt. La Hl·p11hli,1ue, au moin:,;. cl<' no111.cxi:,;.tait cn(•o1·c; r11t1·r1· au Co1·ps l1~gi:,,latif « e'Ctait protester cra, anl'c ('onll'C le plt:hi~cite qui dc,·ait 1~11·e1·c1,clu le :lJ non.•m br<!,de la mèmc an11Ce. <·1par lequel Louis-Xapol(·on fut C.:·lrq~ à la dig-nité inq>l·rialc » (Démucrotes assermenlt!s. p. 3. C'était surtout, t·o1111\H.' .Proudhon le trntait alor:-;, fain .. l'i1npo:-sil,I" pou,· empè<·IH·i- lt.•g-ouvrrnr111e11t bonapartiste de glis:;er au <.~aù1olicismc ri il la ,·l·action sof•inlr. ELc'csl là Ir Lrail ca1·actc·•1·istique d<> Loule ln politique p1·,111dho11ie1111e à l't'·gal'd du second Empire: par félcction de 1852, pa1· l'abstention en lSù:t co11slarnrnent. <'Ill' lC'ndit à ;1g-il'sur le potl\'ûit, ;, l'innucnrer du dehors. à lui a1·1·,:u:hc1· le plus po~:-ihl<' a,·er le mi11imum de concessions. « L'absh'ntiou est toujours stérile. proclamaic11l les l'épuhlit.·ains désireux de voler. l.'exp{·rienee la co11damnc. Qui :--'abstient. s'anuule n - cl Proudhon répondait: t: Tout cela est de la de1·niè1·c faussetë ... li y a des cas oi.1 l'absLcntion n'est pas condamnable, ol1 clic est obligatoire; et l'expérience prou,~e que, clans te cas, celui qui s'abf-.tienl, nr :,'annule pas; il commande». Qu'cst•c:c à dire, el que ,·otdait clone le grand socialisle? Ccl'lainement, il se disait qu'au milieu des embarras où l'l~mpcrcur se débattait, et sur Ja ,·oi<' où l'a,·aicnl engagé les déc1·ets de no,·emb1·e 1860, il n·y a"ait pas de meilleur ,no~·en de hàlcr le p1·ogrès qu·unc grande. unt:" colossale « manifestation pacifique». Il sentait le ré,·cil de toutes les ùmf's républicaines~ et jJ se demandait ·~i pratiquemrnl, immédiatement, une abstention en rnasse n'iurtucrail pas plus forlCm(•nl sui· la n,lonté impériale que J'élection de vingt-cinq ou ll'C11le dt'·putés d'opposition. Surtout cc pcn~ru r, si peu i nd i ffél'C~ntaux fot·mcs politiques q u?iI sou haitail au co11t1·ai,·cun renou,·eau eomplC"l de la vie politique, t"C démocrate profond, conn1i11c11 que « 1·ien ne subsiste que re que la dl·mocratie soulicnt 1 soit \'olontairt-ment c.t dïntcntio11, soit mèrnc par méga1·dc, accident ou e1·1·cur » \p. 6ï 1 , soni::eait à l'effet moral d'une telle abstention de masses, i, la leçon politique qu'elle donnerait au peuple. Elle lui apprendrait, en effet, ce que devait èt1·c, ce <ru'étail, en son fond, le sufl'rag(~ unircrscl; clic lui apprendrait toutes les libertés fondamentales quj en garantissent l'existence; elle lui ferait sentir comment le suffrage universel est à lui seul la Révolution. Et lor·sqn'on songe aux habitudes, aux mœurs parlementaires que le second Empire a transmis à la Troisième République, on. peut, sincèrement., se demander si ce n'était pas le penseur sociali&le qui na.it raieon. Ce COIIÙ'C
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