IIISTOIHE SOCIALISTE 151 ché dans la grande tourmente la première exprcssio11 <le sa pensée ou le:, pr<•· micrs essais <le sa tactique. C'est d'alors que date tout le g-rand nH>u,c11wnt de libre-pensée et de matérialis,ne qui a eu sur l'hi-,toire d(• notre TroisÎt'mC République une si constante influence; cl c'est d'alors aussi <1uc datent les premiers efforts des r,;publieains dnns les loges rnat;onniques, <-l toutes leurs tentatives de propagande, par Jcs conférences, par les bihliothCqucs, pal' le~ éditions à bon march1'. Et sans doute, a\'ant J803, tout cela est eu germe. Sans doute, de premières manifestations se produisent, et il 11c faut pas se lais:-.cr h~ p11olisc1· par la chronologie. ~lais il ne faut point méconnait,·e non plus le caractère du mouvement en ces annécs•là. Tous lra,aillc11t. Lous ~ïnstr11iscnl, chacun <le son cùté cl de tous côtés; tous -.,c connaisscnl, discutent, s'opposent: mais, â rc~ception des blauquistcs èl des parlementaires, les préfêrenecs pour telle ou telle forme <l'action ne viennent pas encore les diviser. ~ous avo11s cih.~ les auditeurs au Co1·ps lCgislatif, le.., futurs hommes d'Etat: ceux-là, la t,·ibunc du puhli,· cl les salon, des Cinq l~s réuuissaicnl. ~lais c'était par les petits journaux, soi-disant lilléraircs pour ,'Lrc dispensés de l'autorisation,, mais qui versaient bienlùl dans la politique, que les autres se ret1·ou,·aicnl, pour cornrncnccr la lullc commune coutre l'l•:m• pire. Feuilles Pphémères, , ile interdites ou tôl mortes, n"ayant sou,·cnt d'autres lecteurs que leurs rédacteurs, mais qui suscitaient les courages ~1 entretenaient l'ardcllr intellectuelle de tous! Xous a\'ons dit dejà conunc11,, l'origine, pendant les années :iO, les premiers de ces journaux avaient rendu quelques services. Les plus célèbres a,·nienl été l'.111enir, oi1 collabo ... raient \'ad1crot el ~lorin, puis plus lard la l'oi.,· des i'cole.,. qui tentait en 1857 d'établi,· des relations entre Ioules les jeunesses, animées d'aspirations libérales, qui peuplaient les différentes universités européennes. :\lais cc fut ...surtout, de 18ü0 à 1Sü3, que la petite presse aida dans son action la jeunesse républicaine et révolutionnaire des l~colcs. En 1861, un jeune cl \'éhémenl Lyonnais, Yermorcl, fondaiL N la lievue pour Lous», ,, La Jeunesse • et • la Jeune Fran.ce N. JI n·avait pas ,·ingt aus, mais son ardeur et sa foi animaient Jes hésitants cl s'irnposnicnt aux vieux. Autour de lui, avec lui, travaillaicnl .\. :\lilliard, C. lsa111bc1·t,E. Durand. Et Lous, ils se proposaicnl de 1·clc\'Cr les caractères, de reagir contre le scnsua• lismc, de purifier J'amou1·; ils voulaient apprendre au peuple la loi morale c1ui serait pour lui la religion nou,·ellc. • Dieu dans le sanctuaire, la patrie,, ses pieds•, avait écril Vermorel dans leur appel; cl c'était au 110111 de ces principes qu'ils célébraient Barui ou Jules Simon, et qu'ils attaquaient avc(· véhémence Baudelaire et About loul il la fois .. \vec une passion ju\'énile, ils jugeaient de loul, des dernières leçons de So,·bonnc, des fautes de français de Taine, ou de la musique de "'agncr, jusqu'au jour où leur pétulance leur v.alul d'être débarqués pai· leurs propres Lailleurs de fonds, après quelques .moia de lutle.
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