Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

1:;o IIISTOIRE SOCIALISTE ln Rél'O!utio11et dans r/gtise; cl son proudhonisme étail lei qu'il ëloignail de lui les prosélytes saint-simoniens. Son génie ne le prédisposait pas à t'lrc l'homme d'un système, d'une idée. )lais il faut admirer décidémenl cet opportunisme supérieur, fail de conscience el d'étude. Il lisail énormément, cl partout il s'informait. Les premiers lrcssaillemenls de la classe ou,-rière parisienne Ctaienl perçus par lui el ne I1inquiétaicnl point. Il n'eut jamais ,·omme tant de républicains, comme Picard même, la han lise du spectre rouge. Il fut de ceux qui comprircnl plus lard la néccssil<' d'une politique ré\·olutionnairc : cl la poussée populaire, in(lispcnsablr pour soul<'nÎ1· celle politique, ne l'èpou,·anta point. 11 y a dans son premier plaidoyer, celui qu'il prononra pour Je mécanicien Buelte, accusé de ~ociété sec1·ète, bien des phrases intelligentes sur b condition ounière. Et il ful de rcu, qui en 18G3 soutinrent la (>r<'mièrc candidature ou, ri~re. Il soutenait sans <Joule ao même moment l'orléaniste Prérnst-Paradol. )lais combien soutenaienl celui-ci qui n'anraienl point consenti seulement à aider rautre? Force nous est, dans ce trop courl récit de db,-huil annfe•, el oii nous voulons d'ailleurs réscn·er toujours le ,neilleur de nos pages à l'action prolétarienne, de passer rapidement sur la ,·ie intense el l'actidlé de toul le jeune parti républicain. Il faul la signaler partout. Cc fut, dans ces ,rnnées-là. de 18~9 it 1863, que Je quartier Latin se réveilla, que toute la jeunesse lettrée, parallèlement à la jeunesse 01n-rière, se passionna pour les questions politiques .. \ cMf des élèves parlementaires qui entouraient les Cinq, il y a,·ait dans les rangs républicafos, des rèvolutionnaires. des ard<'nts, qui commençaient d\'crire ou d'agir. En p1·ison, à Paris, Blanqui, libéré en 1859, récnfermé en 18fü, formait des élèves, des auxiliaires; et Gamhctla n'était point seul à lir·e Proudhon. Le deux maitre a,·ail de nombreux admirateurs. des disciples plus ou moins indépendants, mais pleins de , ie. désireux d'action. Oc tous nous aurons à ,-eparlcr. )lais ce serait, croyons-nous, une errcm· de tenter de définjr, a,·aut 1803, des limites exactes entre les différents groupes. Dans les tableaux qu'on a faits, de l'acti, it~ 1·é1H1blicaincd'alors, on n'a pas, selon n<>•s, tenu asse• de ,·omptc des dalcs, el M. Tchc1'11off lui-même, le plus compld et le pins neuf des historiens qni se sonl occupés du parti républicain sous l'Empire, n'est point c,•lui qui a le mieux é,·ité celle faute. C'est de la fin de 1863 cl des annfrs sni,·anles seulement que date l'opposition des tradilions diverses. C'est ~ous l'i1iflncnce du mouvement ouvrier qu'une rois encore les ri·puhlieains ont eu à définir leurs altitudes particulières: or le rnom•ement ou,Ticr.,,'a ré,·élé quelque force qn'i, 1a fin de JS<;:J., Et ,le même, il le faut l>icn marquM', c'est après les ~lee'lions de 18ii3 seolement, c'es'l de 18G3 à 18(ii; surto11t, que, ponr les mèm.-s raisons, les divereee formes de l'action 1·,·poblicaine se sont dé,·eloppées. C'est d'alon qoe datent les ét udcs sur la Révolu'tion franc·aise, par lesquelles ehaqne groupe a reebet--

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