Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

li !STOi HE SOCIALISTE Lorsquïl cslimail qu'elles allaient trop Join, il les arrêtait par ses communiqués, par ses avc1'lisscmcnts, par ses circulaires. Et ainsi, il les mécontentait également toutes; il les tournait également toutes contre un régime qui ne leur pcrmellait point de se dépenser librement. Dans les ,·éhémcnts débats que provoquait la discussion de l'adresse, on entendait maintenant d'anciens partisans du régi1nc de contrainte et de force, issu du 2 Détcmbrc, réclamer des libertés, dont ils sentaient cette fois enfin la pri,·ation. ,1. Ségur d'Agucsscau, celui-là même qui tmitait )1. de Pcr· · signy de Polig11ac. se plaignait des entraves apportées à la liberté de la presse catholique. ~l. de La Hochejacquelcin, ~I. Plichon, dé11onçaicnt « une certaine presse » - entendez le Sii,cle et l'Opinion nationale, - comrne re_sponsablc du ré,·cil des passions de 18',8, alors que la presse religieuse et conservatrice ne pou,·ail "ivre qu'à la condition de tout approun~r. ~lais ils ne <lcrnandaicnl plus se11lemc11tun changement de bascule: eux aussi, ils réclamaient la libe1·Lé. Cc fut de 18!il à 1Sü3, et dans les milieux les plus di,·crs, dans les salons 01·léanisles, dans la bourgeoisie républica.i11e, même chez des bonapartistes démocrates, tout un mou,·cment de libéralisme. Tous s·unissaicnt pour l'éclamel' du gou,·erncmcnt des garanties, des libcrlés nouvelles. C'étaien.t les budgétaire.,·, les députés tout dén;ués à l'Empi1·c, mais soucieux de le voir bien administrer son pat1·imoinc, qui réclamaient quelques réformes dans la ge"tion financière, et quelques garanties, lors du vole du budget. C'était le sarcastique et fin marquis de Pierre, qui dénonçait dans ses discours d'un allicisme un peu rude, l'incohérence des respons.abilités dans un gouvernement 011 l'Ernpcl'eur 1c désa,,oue officiellement une politique el la propage ensuilc par le télCgraphe ,,, où le ;l/onLleur public le Cl'i d'alarme de \1. Fould sur l'étal des finances, tandis que la Nev11cdes Dc11::c-,l/o11des t blàméc pour éle,,er seulement quelques cloutes sur cc mème étal financier». C'étaient enfin les p1·otectionnistcs, demandant d'ètrc garnntis contre cette souveraine puissance, qui disposait à son gl'é, el contre leurs inlérèts parlicuJicrs, des la1·ifs douaniers et des transactions commerciales. Toutes ces oppositions, plus ou moins \'Î\'es, plus ou moins hostiles au régime, se sentaient également. contenues, réfrén_ées. Et elles aspiraient également à de nouvelles réformes. En 18()J, les budgétaires obtinrent gain de cause. Les expéditions lointaines, celle de Chine, celle de Syrie, - sans compter les grandes guerres d'Italie et de Crimée, - colltaicnt cher. Les grands travaux aussi coùtaient cher. Et les recettes ne s'accroissaient pas proportionnellement aux dépenses. Deux milliards quatre cents millions de crédits extraordinaires avaient été ouverts de 18:ii à 18:;8. Dans les trois dernières années, la dette publique et les découverts du Trésor s'étaient accrus de 400 millions de crédits extraordinaires. Le déficit annuel était en moyenne de cent millions. A la fin de 18()1, le découvert s'élevait ,1près d'un milliard.

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