Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIJSTOlllE SOCJALJSTI~ avec le tsar, s·arrallg'C'ait de manièl'c ù pr('\·cnir toute conflagration européenne, en arn~tanl L\utrichc dans la ,·oit· dC's a\'rnt111·c~. l.a France eut seule la responsabilité des rcmonlra11ces qu'clk a<ll'e~stiil avec L\utriche et l'.\nf'IClcr,·C' ll la Hussic; Co1·tschakoff éluda habilernC"nl une premièrr note en an·il: il 1·epoussa a,·cc hauteur celle de juillrt. L'opinion publique en France s'émut: le Sii-<·le érnit l'idée cfnn plébi~citc sur la quc~tion d'intervention. L'Empcn:ut· ne put s·y 1·ésoudrc. Il laissa (,craser la malheureuse Pologne; u11c <lcrni~rc inlcn·cntion diplomatique C'11 noveml)l'C tournait rncorc it sa honte. Seul, en rcs tristes cireonstanccs, le prolétariat cu1·opéc•11 fit entendre la voix de la justice. S'il était ,Tai que" les autres g-ou,•crncn1ents a1-rt~laicnt le gou,·c1,nemenl fra11t_·ais, le prolétariat intC'rnational élait unanimr. Impuissant encore. il l!·ouva, · nous le verrons. <lans la queslio11 polonaise, une occasiou de comprcn-=lrr que seul lïsolC"rn"nt faisait son impuissaner, et des mcrtings pour la Pologne sortit l'.\sso<'iatiun internationalr. :\lais le débile gouvel'nemcnt impérial, en abandonnant la Pologne, avait achc\'é de rompromcll1·c sa situation en Eul'OJ)(" et de tournc1· contre lui unanimement tous les partis renaissants. l.cs conséquences intl·1ieu1·cs <les échecs exléricu1·s, d'autant plus gra,·es que les affaires C:\.té1·icures procéd~ient pour la plupart d'une prl·occu1)ation intérieure, n'allaient pas tarder à se fail'e sentir. Cc quïl faut marquc1· u11c fois encore, en effet, c·cst le pr-o~rès nouveau que fit, en ces annécs-lù, cl toujours ù la faycu1· d("s é\·~11cincnts exté1·ic11rs, la conquèle des libertés. L1avocat <le Pcmpil'e libéral, l'honunc qui chercha à tourner, au profil de l'Empire, loul l'cffot'l d'opposition des Cinq cl cle lcul's électeurs, a pu décla,·er qu'aucune pression « ne forçait l'Einpe1·cur à cette réforme »: il a pu se féliciter de la bicuvcillancc « u niq uc dans notre histoire» de cet Enipc1·cur, au pou,·oi1· intact>,, qui ou\'rait rourageusement « toutes grandes les fenêtres du Corps législatif, à l'hcul'e n1l·rnc oll <les ,·oix passionnées s'y élevaient pour animer les esprits contre sa politique îl (Empire libéral, I'. !10. :\1. !~mile Ollivier ne dupera que lui-mèmc avec ses phrases. :\"ous a\'ons cité l'aycu du <lue de Grammont; nous avons montré comment le décret du 211 novembre 18ü0 est directement issu des embarras cr-éés à l'Empire par la question romaine. Il nous faut dire maintenant commeul,· à la faveur de ce décret, des concessions nouvelles ful'ent arrachées, comment surtout se prépara le grand mou,·ement libéral donl les élections de 18ü3 manifestèrent déjù Loule la \'igueul'. Le gouvernement impérial avait voulu animer l'un contre l'autre les deux partis, les cieux traditions que sa politique exlérieul'e avait réveillés. Il n'àboutit qu'à donner plus de force aux revendications libérales. La consé- <1uence était fatale. Il se proposait d'ètre le modérale111·suprèmc des passions.

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