IIISTOIHE SOCIALlSTI, l'l~ls dynastiques primaient loujours les intérêts français, où les calculs mesquins alternaient aYcc les sublimes déclaralions, n'éclata comme en <·es quatre années de ;j9 it 63, oi1 l'Empire g;I.Chait à plai<:.ir, pa1· ses inlct·vcntions ineohëre11tcs cl maladroites, la situation exceptionnelle que lui avaient ~on nfr le Congrès de Paris et mèmc encore la gue,-re de L8:ifl. l'n jour, cependant, cl à la ,·cille mèrne des élect.ions de 18G3, les évènements fournirent ù T"Em,pc1·cu1u· ne cxtraordinai1·c occasion de rnllicr it lui tous les partis. Les réformes qu'Alexandre Il en 1861 a,·ait dû ac'co,·dcr ,1 son peuple, et su1'to11t le retentissant afl'rnnchisscn,cnt des serfs, aYaicnl eu une répcrcus• sion dans toutes les contrées de lïmmensc Em])ire. En Pologne surtout, un rnouvemcnl se dessinail en faveur des réformes, mais, conll'C la volonlé de certains nobles, le peuple ne conccvail.,,point de réformes possibles, sans la l'C'Slitulion <'.leson autonomie nationale. c·cst ainsi qu·an cours du ~I\:" sjècle, les rc,·endicalions nationales cl les revendications sociales se sont toujoul·s tro11,·écs mêlées et confondues, dans les grands mou,·emcnts des peuples opprimés. Le gou\'crncmcnt ,·ussc et quelqnes aristocrates polonais tentèrent pendant un an (mai 18GL mai 18G21 , de séparer les deux mouvements. Cc fut en ,·ain. l.01·sq,i'cn ja,n-icr 18G3, les jeunes gens cics villes, snspecls cl'enlrrtcnir l'agitation nationale, furent appelés dans l'armée russe, une insurrection générale' éclata. Pour une fols l'opinio11 française se t1•ou,·a unanin1c. L'héroïsme des insurgés défraya pendant des mois les conversations, les jolÎrnaux, mème les cours de Sorbonne. Pour les catholiqucs;la défense de celle nation martyre de sa foi s'imposait. Pour les démocrates, la cause de la Pologne était un dogme: qui ne se so,"·enait de tous les proscrits qui arnient pris part, i, Paris même, ao:,.:combats 1-é"olutionnaires? Les hommes de traditions, les conscn·atcurs mèmcs rappelaient le rùlc historique de la Pologne, alliée fidèle de la France eontrc l'Aut,·ichien on le :\loscovitc. Le Siècle était d'acco,·d a,·ee le .!fonde; lïmpérat,·icc avec le Prince. Le rève de l'Empereur étaiL réalisé: il n'avait qu'ü inten·cnir en Pologne; et il allait t.~trc enfin l"E111pcrcur populaire, }'Empereur national, qu'il rè,·ait d'être. Il n'osa point, et il csldc fait qu·entrc l'Angleterre.au fond malveillante, et l'Autriche, aulrcfois complice cl bénéficiaire du démembrement polonais, en face de la P,·ussc qui dès le 18 fé\Tier offrait le concours de ses troupes au tsa1· contre les insurgés, il fallait èlrc prudent. L'intervention, certainement, eùt déchainé cont1·c le :\'apoléon une nouvelle coalition européenne. i\lais alo1·s, il n(' fallait point irll1·igucr dans les di,·erses cours, offrit· it l'Autriche en Pologne la ,·cconstitution d'un royaume indépendant gouverné • par un archiduc, cl l'offrir en compensation de la Yénétie qu'elle abandonnerait il l'Italie. Surtout, il ne fallait point se laisser duper par l'.\ngleterre, qui jouait facilement au libéralisme, en Pologne comme en Italie, et qui, • après avoir entrainé la France dans une démarche hautaine, qui la brouillait
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