IIISTOIHE SOCIALISTE Lorsque les troupes <le Cial<lini étaient entrt'es c11 Ombrie, en septembre 1860, !'Empereur avait rappelé <le Turin son envoyé, ~I. de Tallcy1·ancl. ELLelles étaient alors ses dispositions an li-italiennes qu'il songea 1111 moment à permellre une intcn·enlion autrichienne, c·ontrc l'Italie unitai,·c. (Cf. Bourgeois, p. n3;;. ~lais il ne s'engageait jamais à fond : il amit laissé :1 Turin un chargé d'affaires. cl les négociations S('erètcs n(' pouvaient tar<lcr à reprendre. Contre la volonté des libéraux, il avait maintenu ses troupes i, Rome; mais il ne leur avait pas donné l"ord,e de combattre pour défendre les l~tats pontificaux. Plus tard, encore, il avait c11rnyé une escadre devant Gai'lc; mais, i, la demande de l'.\11gletcrrc. il lui arnit hicntt\t ordonné de s'éloigner. Lo,·d Russell, proclamant aux applaudissements des libéraux que les nations aYaicnt toujours le droit de cha11gcr de gouvernement, se payait m~me le malin plaisir de lui clamer le pion, comme protecteur des nationalités. ~Jais toutes ces concessions 11·avaicnt point apaise l'opposition cléricale; cl il assistait impuissant cl embarrassé 11la ,·iolcnlc campagne qu1 elle déchainait contre lui. Entre le pape ~ntêté dans ses prétentions temporelles cl l'Italie impatiente de s'installer à Home, il rè,ait encore une réconciliation impossible; cl il sui,·ait :nec une sympathie inquiète les efforts des amis <le Cavour, de !"abbé Stcllar<li et du D• Pantaleoni, qui cherchaient alors à conrnincre le pape. En mars 18ü1, le Corps législatif cl le Sénat ouvrirent pour la premii-rc fois leur session par la discussion do l'adresse. Cc fut J"occasion, pour le parti clérical, d'une nouvelle et violente offensiv~. ~l. de La Rochejaequclcin rappela le devoi,· de la France catholique, devoir que lui indiquaient ses soldats, combattant en Syrie, en Chine: il réclama une intcn·cntion armée en fa,·cur de b papauté. Le prince :\'apol,·on intcn·int pour défcnd1·c !"unité italienne; il critiqua a\'ec véhémence le pouvoir temporel, l'Aut1·ichc, les Bourbons, et si )1. 13illauh lui répondit, l'insertion du• magnifique discours•, du prince au Jlonileur des Comm111ws et sa publication i1 des millions d'exemplaires. témoignaient du souci que !'Empereur éprouvait de la bataille catholique. La modération de ~I. Billault lui-nu'me n'avait obtenu qu'à grand peine le rejet d'un amendement en faveur du pouvoir temporel. 61 \'OÎX, presque la moitié du Sénat, l'avaient approuvé. Au Palais-Bourbon, mèmc bataille. Le projet d"adresse, rédigé par une commission de dix•huit membres, remerciait !'Empereur• d'a,·oir, par ses constants efforts assuré à la papauté sa sécurité el son indépendance, cl sau. vegardé la souveraineté temporeHc autant que l'avaient permis la force des choses cl la résistance à de sages conseils •· Celle phrase fut le signal de l'attaque: ~Dl. Kolb-Bernard, Plichon et Keller se firrnt les avocats passionnés du Saint-Siège. :Il. Plichon stigmatisa les attentats déloyaux par lesquels« une des plus anciennes maisons de l'Europe compromettait sou trône et l'honneur de ses ancêtres». 1\1. Keller souligna cruellement que c'était l'attentat d'Orsini qui a\'ait lait <lçcider l'Italie, que « c'était la lettre
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==