Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

HISTOIRE SOCIALISTE 123 chrétienne• secret des gloires de son règne. En décembre, la brochuro le !?ape el le Co11gri•s redoublait l"ardeur de l'opposition. La brochure '"·ait paru le 22. Fiévreusement, ~lgr Dupanloup se mettait i, l'œun·r: et en doux jours corn posait sa Lellre à tilt catholiqne oü il sommait !'Empereur de renoncer à l'anonymat, do dis~utc1· :l\cc les gens. Contre sa politique, Napoléon Ill sentait que rnrcord de tous les catholiques, de ~lontalembcrt à Veuillot, vc,nait de se !aire .. \u demeurant, le pape allait la diriger: :\'apoléon lui ayant conseillé d'abandonner les Hnmagnes, dans une cncyclic1ue violente, le JOjanvier, il déclara les ad\·crsoires de son pouvoir temporel dignes des mèmes anathi·mcs que ceux de son pouvoir spirituel. A partir de février lSGO,toutes les plumes catholiques sonl en mouvement. Lacordaire, dans sa liberté de l't:°glise et de { /10/ie. démontre à l'Empcrcur qu'il e~t grave d'avoir mis le chdstianisme tout entier contre l'unité italienne. ~lgr Ccrbet, dans son livre Dl' la papan/è lui rappelle que c'est grücc aux catholiques que l'Empire a pu ètrc établi. :icllcment, clans la collection des Bons li.-res que lance la librairie Lecoffrc. établit que la France, responsable de la guerre de u;;;n, doit chercher le remède a la situation pénible, créée par clic, el poursuivre l'<PU\TC glorieuse inaugu1·éc en 18110. ~l. de Falloux, dans ses Antèt·t'denls el conséquenres de ln ,'fitnat,on ac/11('1/e, signale la contradiction de la politique nouvelle el de celle qui faisait des Fran~·ais, pour leur plus grande gloire, les représentants uni"ersels du catho. licismc. Dans sa l'olitique 11atio11aleel le droit des ;re11s, ~I. de la Hoehcjacquelin signalait que la grandeur de la marine française ne se soutenait que Jlat· son allia11ce a\"ec les missions catholiques: la France catholique ne pou,•ail aba11donncr le catholicisme dans la question italienne. Enlin Ycuillot prophétisait le nou,·eau \\'atcl'loo, plus funeste que le premier. C'était, selon lui. le 3 juillet 18',(l, par le siège de Home, que l'œunc du Congres de \ïcnne avait été effacée. C'dail depuis cc moment que la grande France ratholiquc étail devenue l"arbitrc des peuples. ~lais cc r·ùlc, disait-il, a <'té perdu. L'.\nglcterrc a armé Orsini, a poussé !'Empereur dans l'affaire italienne. Le second Waterloo se prépare . .\,oc les brochures, les é\'èques multiplièrent les manclcmcnls. Après Castelfidardo des rérémouies funèbres solennelles cu,·cnt lien en l'honnenr des défenseurs du pape, tués sur le cham1> de bataille: ~lgr Pic, dans un mandement'., dônon\'a le nouveau Pilate. Et les légitimistes, qui composaient pour la plus grande part l'armée de Lamoricière, participèrent il toutes ces manifestations. Les mesures répressives. la suspension de l'Cnivcrs, les poursuites contre les évèqucs, contre les écrivains, se révéloient impuissantes. Cette opposition criarde grandissait toujours. '.\:apoléon Ill se trouva alors dans une position singulière. Il arnit espéré, par la gloire, rallier à lui tous les partis, donner aux catholiques des gages de

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==