HISTOIRE SOCIALISTE dévouement à la grandeur de 1•f~glisc, satisfaire les républicains par sa politique des nationalités, par l'aide apportée aux peuples opprimés. La question .. romaine faisait appa,·aitre tout cc qu'il y avait d'inconciliable dans celle don bic politique. La Hévolution "ou lait prendre Home, symbole de l'unité et de la grandeur italienne. Le catholicisme voulait garder Home, :symbole de sa puissance lemporcllc, gage de sa domination. Tous les publicistes catholiques réclamaient une croisade, réclamaient l'intervention active des trou pcs laissées au pape. Et au mème moment les dCmocratcs reprochaient au gou\'crncment de n'avoir pas donné. i1 r1talic sa capitale. L'Empcrenr, hésitant, n'osait point rappeler les tl'Oupes françaises; mais il ne pou\'ait se résigner à les faire servir à la défense du pape. . La rnix grnndissante des partis annonçait du mème coup l'échec' de la politique intérieure de :-iapoléon. Qu'a,·ait-il Youlu, en effet 1 Il s'était proposé d'établir son pouvoir et sa dynastie, sur les niincs des anciens partis. Il s'était proposé de donner des satisfactio.ns matérielles ou glorieuses ü tous les Français. Et voici que les prcmiêres tcntati,·cs pour 1·éaliscr ces idées avaient tourné tout le monde contre lui. JI avait ,·oulu exploiter dans son intérèl pc1·son11cl les passions des partis ath·crses: el YOici que ces passions se retounrnicnl toutes· contre lui, pour lui rep•·~che,· l'échec d'une politique d'ailleurs co11tradicLoire en sou fond. Qu'il pcrsévéràt, cl la France allait être bicnlùt unanime contre lui. Or, au mèmc moment, par une autre initiàti\'e de sa poliliquc personnelle, il tournait p1·écisément c_ontre lui un grand nombre de ces industriels, de ces commer~·anls, de ces hommes d'affaires, en un mot, dont il a\·ait fait depuis 18:i2 les législateurs du 1·égime. li \'enait, e11, effet, de conclure le traité de commerce de 1860, de faire un pas décisif, ,·ers la substitution tl'nn rëgirne de libre-change au régime protec~ionniste. Il est indéniable, qu'en cela, il vit juste. Les statistiques ultérieures lui ont donné i·aison : le commerce cl l'industl'ie français, loin d'a\·oir souffert du régime libre-échangiste, lui ont dù en partie leur déyeloppement. Quand, en J8ï0, au moment de l'échéance du traité de 1860, conclu pour dix ans, avec clause de tacite reconduction, les protectionnistes réclamèrent encore sa dénonciation, le Corps législatif ne put leur donner raison. :\lais il n'en est pas moins vrai que tous les efforts de l'Em1;>creur pour inaugurer celle politique allaient contre les conceptions traditionnelles des Îl)dustriels français, qui, depuis la Restauration, s·étaient accoutumés il \·oir, à tort ou à raison, dans le protectionnisme, une des causes de leur fortune, et qui, peu sensibles aux raisons ·générales de rapprochement des peuples ou d'utilisation rationnelle cl complète des ressources du pays, se préoccupaient uniquement d'échapper it la concurrence étrangère sur le marché national.. Napoléon Ill, instruit par l'expérience anglaise, était persuadé que la
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