IIISTOIHE SOCIAI.ISTE n1 f1uencc. Le 3 nolit, le comte Arêsc était rcn·uu, en grand sctret, h Saint~ Cloud, et rappelait i, !'Empereur le de,·oir de ln Frnnl'e. une ardente campagne était menée aupri·s du souverain contrr le trop prudent \rai~" ski: et, de Londres, pnl'iïntermédiaire de Persigny, Palmerston i· prenait part. A ln lin le ministre dut se retirer. L'Empereur allait entreprendre, diplomati- <poemcnt cette fois, une seconde campagne d'Italie . .\,·anl de l'ou\'rir, il jugea bon de 1·enforcer son e1é<lit nuprl·s drs libéraux. Il publia l'amnistie du iï ao,'ot 18.W. ~ Amnistie pleine cl entière ~tait accordée :t tous les individus qui a,·nicnt ét~ cond:u11néspo111·c1·imcs et délits politiques. on qui a,·aient été l'objet de mesures de stirel<' générale,,_ Les proscrits allaient pou\'Oir rentrer en France sons condition. En J8:,6. encore, lors de la première amnistie, on a,·ait clrmandé à ceux qui voulnicnt rentrer la reconnaissance du gou,·c1·ncmcnl ftahli. En HnH, ils ptHl\·nient rentrer la tète haute, sans cngag-cmenl, dcmcurcl' les irréductibles adversaires du rl'gime. Quelques-uus cependant refusèrent. ~ladier ,le ~lontjau dédara que lui, • ancien représ(•ntant du peuple à l'.\ssembléc violée par le Coup d'Etat, il n'accepterait pa,. à la face du monde, pour lui et pour le corps illustre dont il »·ait fait partie, le pardon de l'auteur nième du Coup d'Etat,,. Charras déclara qu'il ne permettait pas au criminel <le pardonne,· il ses ,·ictinir~. • .\ qui viole la loi, il u·apparticnl pas de faire gr:\ce i, qui la ddenclit ... Je le déclare, j,. ne vous amnistie pas. Je ne ,·ous pardonne pas la mo,·l lie <p1i11zc mille Fr:-ineais, rnassarrés en décembre, di·,·01•t~s pa1· ,·os 1>1·isons cl ,·os bagne-,, par les misèrrs cl lrs chagrins de l'exil. Je 11(' ,·ous pardonne pas l'altC'nlal à la Constitution que ,·ous aviez jurée, la dcstrurtion dr la Hé-publique qui mus a,·ait rendu la patrie ... Le jour oi, la liberté, le droit, la justice rcntrcl'ont C'n Frn11t·c pour vous inrligcr Ir plus mérité dr'- chàtimrnts, fy 1·cntrcrai. Ce jour-l:1 est lent ù ,·enir, 1nais il , icnclra et je sais attendre•· Edgard Quinet, Sd1œlcher, Clément Thomas protestèrent. \Ï!'lur llngo fut fidèle;, son cng-n~cment solcnnrl <le 18.;1 : • JI! reslerni pro ..rrit. voulnnt realer dtboul. J'acceple I tlprl! exil. n'elil-il ni fin ni Lerme •· ~lais comme le conseillaient un:-inimcmenl Louis Blanr, qui lui non plus personnellement ne \'Oulait point rentrer, Ledru-llollin, exclu de l'amnistie, Félix Pynl et tous les chefs, la plupart rentrèrent, pour recommencer la lutte, pour sel'\ir la Hêpuhliquc. « L'amnistie est un ,noyen pour l'Empire. disait Félix Ppl. Pourquoi ne sernit-ellc pas un moyen pour la liberté:' • Et elle en fut un, en effet. Mais sur l'hcul'e, en aotit JRJ9, c'élait surtout l'Empire qui en avait besoin. Il fallait, pour sa politique que le parti démocratique, que les répu• blicains lui apportassent un concours plus ou moins direct, plus ou moins déclaré; il fallait quïl pût opposer leurs voix de,.enues plu·s fortes à celles des Catholiques, à celles des évêques qui haussaient le ton.
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