IIISTOIHE SOCIALISTE ,cul ce1·tainemcnl plus de 2.000 inquiét«:•s, arrêtés, détenus souvent plusieurs mois. Qu'avaient-ils fait'.' Tous les renseignements minutieusement recueillis par les historiens sur ces suspects. pcrmcllcnl d'étahlir que leur innorcnct· élail absolue. Ils ne tombaienl mème point sous le coup de l"arlicle ï de la terrible loi: c: aucun fait grave ne les a,·ait signalés dc- nou,·cau comme dangereux pour la sii1·cté publique H. Quoi alors'.' Ils étaient, ils avaient éte républicains en 1s;;1. Dans les , illes, <·e furent snrloul des ouvriers qni forent frappés; dans la province, cc furent les nota hies républicains, c,• furent ces bourgeois libéraux, avoués. avocats, médecins, notair•cs, qui, depuis le début du siècle, a\'aient été traditionnellement, les professeurs dr républicanisme de la campagne. Les brutalités de la police fuient inou,c" l'arbitrnirc de l'admi11islratio11 insensé. Dans le Loir('l, ;\lmr Jarrcau. femme d'un gros propriétai1·c, transporté à Cayennr en J8j2, fut a1Tt.'-téei1son toul' pour :woir l'Ccucilli jadis l'enfant d<' Pauline lloland .. \ Pa1·is, ils ,oulnrenl arrêter Frédéric Gl•ral'd, lraduclcu1· au ministère de la Guerre, mort un nn plus ltfr. Fombcrlcaux cl Tillier, Ir (ils du célèbre pamphl,<taire, furent c,dc,·és par la police. e~pédii•s immédiatement à ~larscillc, cl traités comme des forçats. Dans la Loirc-lnîéricurc, quelques ou,Ticrs inquiétés nag11l·1·cpOIII' a,·oil' fait partie de la .llarù11111e ou seulement soup,·onnès d"en faire pal"tic furenl arrètés rt transportés. Ailleurs, le pèt·c mort manquant il l'appel depuis 18,-,J, on cnlc\'a le fils ou la mère. Il fallait aux gc-11darmes \C quelqu'un du rtom ». Il fallait aussi aux préfets leur compte de suspects. Le préfet de la Charente. ayant f1 a1T<'-le1· six républicains dang~1·cux et n'c11 truu\'ant <JUC c-inq, leur joignit un prètl'c dCfroquC. Cependant, des ë,·éncmcnts cxtraordiuaircs se déroulaient a Paris. l~l ils allaient a,·oir pour conséqucn('c le rclilchcrnent du sy~tèmc de rêp1·cssio111 f(UÎ à celte heure même, semblail s•e~agérer. Sitùl après l"allentat du 11, jall\ ier, le Ca hi net des Tuilel'ies amit adressé il Turin et it Londl'CS de violcnlcs protestations contre les assassins politiques, cl presque des menaces contre les Etats qui les arcueillaicnl. Il faillil s'en sui"re une 1·uptur('. ~lais bienlùt l'attitude ehangea . .\ l"heure même oll la loi de sllrelé g'l~nérale ctait ,·otéc, le procès d'Orsini se déroulait. C'était Jules FaHc que l'auteur de l'allentat '"ait demand,• comme a"ocal. La• pensée de l'Italie demandant gr<ke pour un de ses fils égaré», avait décidé l':n-ocal républicain à accepter. !/accusé lui-même avait quelque chose <le séduisant, d'insinuant, auquel Jules Favre n'était point resté insensible. Le 2:i fëvricr, Orsini comparut devant les juges. Que s'était-il passé depuis le lit janvier dans l'esprit de l"Empcreur ~ Quelles influences s'étaient cxcr·cécs auprès de lui :> Pourquoi le 18 fén·icr avait-il donné à son préfeL de police, au dC\·oué Piétri, l"ordre d'aller trouver Orsini dans sa cellule de la Conciergerie? - Cc ne fut pas, en toua cas, un mince étonnement pour l'opinion publique française, que de
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