Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

112 IIISTOIHE SOCIALISTE damer bonnes. Elles forent rntécs pa1· 237 voix contre 21,, sur 251 votants. Etait. puni d'emprisonnement et d'amende; tout individu ayant pratiqué des rnanœuvrcs ou entretenu des intelligences soit à l'intérieur, soit à l'étrangc1· ! » l~tait puni tout détenteur ou porteur de machines meurtrières ou de poudre fulminante. « Tout individu condamné pour l'un des délits prévus par la présente loi, peut être, pal' mcsul'e de sûreté générale, interné dans un des départements de l'Empire ou en Algértc, ou expulsé du territoire français >>. (Article 5). '< Peut ètrc interné dans un des départements de l'Empire ou en Algérie, ou expulsé du territoire français tout individu qui a été soit condamné, soit interné, expulsé ou transpol'lé par mesure de sl'ircté générale à l'occasion des Cvènements de mai et.juin l8l18, juin 18'10, ou de décembre 185L, et que des faits graves signalenlde nouveau comme dangereux pour la sûrclé publique;.1. (Art. 7). Il suffit de n'aimer pas l'Empire ; il suffit d'arnir lutté il un moment quelconque pour la Hépublique, pour ètrc expulsé. Et pourtant, s'il fallait en croire :\1. de ~lorny, jamais gouvernen1cnt ne s'est montré plus tolérant, plus insensible à l'hostilité des anciens partis. On se demande en vérité oi, ~1. de ~lorny a,·ait appris l'histoire. La loi avait été \'Otée le 27 février, promulguée le 28. Elle ne pouYait ètrc appliquée qu'un jour franc après sa promulgation. ~lais il y a,·ait beaux jours déjà qu'on arrètait, emprisonnait, déportait. Depuis le ï février, le général Espinasse, le soudard audacieux qui au matin du 2 Décembre aYait a,..-èté les qt,estcurs, l'auteur du rapport contre les mesures de clémence en 1s;;2, a,·ait été appelé à remplacer~!. Billault au ?llinistêrc cl,, l'Intérieur, devenu pou,· lia ci1·constance « i\linistèrc de l'lnté· rieur et de 1a sûreté générale ». Oès le surlendemain, il annonrail par une circulaire pourquoi lui, militaire, avait été appelé à ces fonctions cidlcs. La France<.< s'était abandonnée depuis dix ans à une confiance excessive pcutètre sur l'apaisement des passions anarchiques;,;« de coupables espérnnces couvaient encore au sein du parti républicain"· Il fallait donner au pays la garantie de sûreté qu'il réclamait. « li est besoin, concluait le général, d'une sun·cillaoce atlcntiye, incessante, empressée à prévenir, prompte et ferme à réprimer, caln1e toujours comme il con,·ient :t la force et au droit(!); il faul enfin que nos populations, justement alarmées. sachent bien qu'aujourd'hui encore, c'est aux bons à se rassurer, aux méchants seuls ~1 trembler ». On croyait lire encore quelque proclamation de )1. de )laupas en décembre. Les républicains surent bientôt une fois de plus ce que parle,· veut dire, dans cc langage mililail'e. Chaque préfet avait reçu l'ord,·c d'arrêter un nombre déiermù,é de républicains, les uns quatre, les autres vingt, selon le passé du département. Les recherches consciencieuses de Ténot et Dubost leur ont permis d'établir que plus de quatre cents citoyens furent alors transportés en Algérie. JI y en

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