Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCL\LISTE 111 « Qu'on aille me chercher le dossier du prorès de la machine infernale». avait dit Xapoléon Ill en rentrant aux Tuilcrirs. De mt"·mc <1uc IC' prcmirr Consul. vi~(~pal' les l'O)alistcs, dans la rue Sainl-Xiraisr, avait frappé lrs répuhlicains. de m,'mc son nc,-eu allait profiter de l'allcntal de l'Opt'ra pour renou, clcr la lrrrcur de déccmhr('. Qu.importe de rappeler qu'aucun F,·o,u,·ai,'I, dt• l'an•u même d(•s journa1n de l'Empire. ne se trou,·ait mt·h~ au com1>lot :' 1.a pt>ur nt• st~ rai:,onnt• pas. Et les homrncs de déccmhrc, pendant di)..-hu1t ans, currnl peur. \"ag-ucmC"nl, il:; sentaient que, rEmprrcur lut'·, vingt mille Uouehcs, spo11tanémr111. auraient dans les rues de Paris proclam,• la Ht•puhliquc. Pour leur sécurilé, ils décidèrrr~t d'extirper les dernier:,, germes dr Bêpubliquc qui pou,aicnt subsisl('r en France. Quatre jours après l'attentat. le 18 jall\ ier, le chef de rttat. prenanl la parole i, l'ou,·crture de la session du Co,ps législalif, arnit l'ait eut(•ndre des phrases menaçantes: u Une liberté !-ans enlran•s, a\'aÎl-il <léelaré-, ('Sl impossible tant qu'il cxist(' dans un pays unt• actio11 obstint't~ :i méconnaitre IC':,;. bases fondamentales du gourerncmcnl .... . Le claugt•r, quoi qu'on dise, n'csl pa ... dans )('s prérogatives C\.('<"ssivcs du pOuYoir, mais plutùt dans J"ahsruce dr lois répre~sin~s ... La pac-ilication d<'::, esprits dcuu1l <..,trclr but con:-;.lant de nos cfforl'-, ,ous rn'aidcrez i1 rechercher les moyens de rédui1·c au silence les oppositions exlrt~IHC'S et factieuses n. ~ I.C's inl('ntions du pou,·oir 1-taienl claires. l.r'."I ,1etcs nC' se firent pns lo11gtemps attendre. l.a 1/eyue de l'aris fut supprim(\c, par ordre de :\1. Billault, pour a,·oir <.HH~ faire encore u la glorif'îc·ation dC's sou,·C'nirs et des espéran,•c:,;. de la penst;e républicaine». Supprimé t•galc111ent, le ,._\'pedateur, légitimiste, pour avoil' lrou,·é encore dans l'attentat du 1l1 janvier«. une occasion de protester de nou\"eau en faveur des principes qu'il dHend ... Le 1~ 1 fé\"rier, Je Corps législatif, qui s'était le,·é c:comme un seul homme,,,,, transporté d"a<lmiration et d'cnthousias111c, quand l'Empcreur mena~·ait les partis extr'-'mcs; rece"ait commuuication d'un projet de loi de slireté générale, élaboré par :\1. Billault. :\1. de :\lorur le rap1>orta: l'homnH' du Coup d'Etat allait faire consacrer législati\"ement sa besogne ignoble. 1.es pratiques administrati,cs de J8j2 allaient l'trc élevées a_u rang de mesures légales. Le rapporteur savait d'ailleurs les moyens à employer. Une fois encore il évoqua le spectre rouge, déclara que l'attentat du 11• ja1nicr était « attendu par les sociétés secrètes », dit la nécessité a: <l'intimider et de disperser ces ennemis implacables de la société qui délestent tous les régimes ... qu'aucun pardon n~apaise ... et qui enlacent la France dans un réseau secret dont le but ne peul •'Ire c1ue criminel•· I.e style de M. de ~lorny, ou le voit, ,·alail sou œu,·re. Quelques hommes prolcstê.renl contre les mesures de répression qu·on leur demandait: Emile Ollivier, le marquis d'Anclela,·, le ma,·quis de Pierre, Legrand; il se trouva des Granier de Cassagnac et des Hiché pour les pro,

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