110 IIISTOIRE SOCIALISTE démarches du comte Arese ou des Bona parle; el sa dévotion superstitieuse les ser,·ait admirablement. Par contre, Cavour avait Lrou,·é au Palais-Royal, en la personne du prince ;'liapoléo~ un auxiliaire des plus dévoués. C'était au Palais-Royal qu'on entretenait la. tradition du _bonapartisme démocrate el libéral. C'était là qu'on essayait de retrouver et de rnainlenir l'alliance entre le bonapartisme cl les républicains les moins irréductibles; el la politique des nationalités, hardiment pratiquée, était le seul moyen d"opérer ce rapprochcmcut. Entre l'influence cléricale cl l'influence démocratique, cotre l'U,u'vers et le Siècle, :'iapoléon 111hésitait. Le remaniement de l'Italie, l'unité el l'émancipation d'unC nation latine lui tenaient toujours à cœur. Faire l'llalie une, c'était briser aycc éclat les traités de 181;;; mais il eùl voulu le faire sans révolution el sans combat, par la diplomatie. La politique anticléricale de CaYour et l'hostilité <les patriotes italiens contre le pape lui faisaient pressentir Ioules les conséquences d'une guerre nationale et populaire qui soulèverait le peuple. 18:iï passa sans c1ue !'Empereur os;\t prendre la résolution attendue. Les élections de celle année-là avaient été un argument excellent, pour les bonapartistes libéraux; ils ,H'aienl pu montrer le réveil du républicanisme, désigner la part qu'on pouvait lui faire; mais :'iapoléon Ill ne s'étail·pas décidé. Un autre que Cavour se serait dCcouragé; obstine dans son dessein, il ache• nit au contraire de rallier les patriotes italiens, d'affermir la position du Piémont. Il donnait confiance à tous par son altitude a,·rogante envers l'Autriche. Xi Mazzini, qui tentait à Cènes un coup de main en juin, ni les catholiques qui s'efforçaient en novembre de le renverser par l'action éleclorale, ne purent ébranle,· son pouvoir. L'Italie était prêle à le suivre, quand l'heure sonnerait. L'heure sonna, le 14 janvier 1858. La bombe d'Orsini fut le prologue d'un drame étrange. Le 11, janvier 18;;8, au soir, lorsque !'Empereur cl l'lmpératrice arrivaient à l'Opéra, trois bombes furent lancées vers leur voiture. :'ii !'Empereur ni l'impératrice n'avaient été aueints; mais 141 personnes avaient été blessées, dont deux mortellement. Les auteurs de l'attentat avaient été arrêtés: c'étaienL quatre ltaiiens, le comlc Orsini, Pierri, Gomez el Hudio, Leur Lut était de frapper le chef d'Étill qui seul eùl ét~ capable de délincr l'Italie, mais que des liens toujours plus étroits avec le parti conservateur empêchaient d'accomplir son devoir. Déjà, cl pour les mêmes causes, en 1853, Pianori avait tiré sur !'Empereur; en 18:;ï, Tibaldi avait comploté coutr~ lui. Après l'allenlal, le premier moment fut de stupeur, d'épouvante. L'impératrice, éplorée, poussait a la répression. On prit à l'Intérieur, de nouvelles mesures de violence contre les républicains; on fit à l'extérieur, des menaces aux l~tats qui gardaient les proscrits, à l'Angleterre, au Piémont.
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