IOO IIISTOIHE SOCIALISTE sainte de l'indépendance italienne. Et depuis 1831, il était resté tout à la fois le confident cl l'espoir· des patriotes italiens exilés. Liberté allemande, liberté italienne, liberté de toutes les nationalités opprimées, tels étaient ses rè,·cs ronstants._Et, depuis le jour oü il s'était rmparé <lu pouvoir en France, il songeait à les réaliser. Surtout, il scnlait bien que la réalisation de ces grands projets flatterait l'amour-propre nalional de ses sujets. Les catholiques 1ui seraicnlrcconnaissanls de mettre la force de la F1·ancc au service des intén\ts chiétiens, au sc-n·ir<"des missions, au scr\"ic·cdes races latines. :\lais 1es rl·publicains su1·- tout sr rallieraient au prince qui déchirerait les traités de 181,..,, les odieux traités imposés par la Saintc-.\lliancc ,·ictoric11s(' cl qui a"aicnl étranght leur propagande. lis se rallieraient à lï~rnpire contre l'.\utl'iche réa<:Lionnaire qui a,·ai l b1·isé la révolu lion c111·opécn11c de L8t18;et ils seraient au moi us j ndulgcn ls au prince qui inaug111·crait l"œun·c cr<'•rnancipation, que la Deuxième Hépubliquc n'avait eu ni le temps ni le J)Ournir d'accomplir. Sans doute, le coup d't::tat arnit creusé 1111 fossi cliffi..ilcmcnl franchissable entre les républicains cl les bonapartistes, naguère enco1·e unis contre la politique trop timide de Louis-Philippe ou dans J'admiratio11 confusr des temps révolutionnaires. ~lais les traditions créées par· la légende n"étaient pas complHcmentéteinles. Les conceptions de politique cxtcrieul'e des rédacteurs du Siè,·le n'étaient pas toujours très éloignées de celles de l'Empcrcu,·. Et celui-ci pouvait penser à utilisel' les l'épublirains. 1< Lï~mpil'c, <lisait-il un jour à ,valcwski, est encore de fraiche date; il est soumis aux tribulations de l'enfance. Il faut qu'il réunisse sous le manteau de !a gloire les partis qui tendent à se sépa1·cr de plus en pins». Tout en eontinuaut de ménager les catholiques, :\'apoléon Ill allait donc tenter de satisfaire ses aspiration~ intimes. C'cllt été déjà une besogne compliquée, délieatc, de sau,·egarder les intér,•ts francais, ir l'heure où les Allernaods. oll les Italiens, oll Ioules les races européennes 1·l"vaicnld'établir lrur unité, au besoin même par la force, et d'affirmer leu1· puissanC'C.~lais à quels dangers une politique dïntrn·ention et de gloire pouvait-elle cnll'Rincr la Fran<'e ! Passe encore mt.'·mesi une politiq\.l:c de nationalités, nettement populaire, n'aYait fait qu'inquiéter en Europe les puissances réactionnaires. Mais, it youloir nu'ler le p1·0GL incli,·idnel, le pourboire, dont ::-iapoléon Ill a,·ait besoin pour l'affcl'misscmenl de sa dynastie en F,·an<'e, aux vastes desseins humanitaires, on risquait fort de mécontenter tout le nwndc, et de tourne!' <·ont,·e soi les fo1·cesdéchainées des nations nou,·elles . .\u lendemain du CongrCs de Pal'is. on 1>ul croire un moment que c'était en Roumanie que :\'apoléon Ill alhrit inaugurer sa politique de nationalités. La question roumaine avait été abo1·dée au Congrès. i'\apoléon li[ avait soutenu les revendications des patriotes roumains qui réclamaient tout à la fois l'indépendance cl l'unité de leur pays. Il avait demandé pour eux la réunion des principautés moldo-valaques sous l'autorité d'un seul prince qui aurait
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