I 88 IIISTOIHI~ SOCIALISTE pouvez rompter, - et c'est quelque chose, - c'est l'exactitude de mes envois : rc sont po111· moi des échéances de banque; ainsi donc tous les 6 cl 20 jours, je ,·ous fel'ai l'envoi <le quinzaine, C'l la ,·eillc, si le 6 ou 1c 20 est un samedi, parce que cc jou,·-là il n'y a pas de <'ou nier pour Londres~ je le ferai ai11si tant que durera la souscription: pour cela, il faut quïl me reste assez de force pour effectuer moi-même les 1·cnlrl~cs :-no par mois et 80 ou HO étages ii monter· par jour a,·cc des palpitati,\ns qui rn·cmpt·chenl de respirer quand j'arri,·c aux étages supérieurs). ~Ion cher Schn·lcher, je fais hien peu <le chose, j'en con,·icns, tn:lis je fais tout rc qu'il m·c~t humainement possible dr faire». C:nlcc à ces efforts, bien des n1isi-rcs furent soulagées; les mensualités pour Londres (·laient de 11 à 12.000 francs en _]Sj:l. Hésullat plus important enco1·e: la souscriptio11 maintenait unis <les républicains. Quand la police pou1·suivait Coudchaux, en octobre 18311, C'omrne « caissirr de la conspiration» cl perquisitionnait chez lui. elle• faisait é"idemmcnt - et volontairement - une b,•lisc. ~lais clic marquait bien le rùlc efficace de la souscription, dans celle conspiration permanente qu'était le parti républicain. Ce q11c Coudchaux faisait 11 Paris, d"autres le faisaient en pro,·ince. Les porrelainicrs de Limoges envoyaient régulièrcmC"nl des subsides ù leurs militants frappés. Lyon, de mèmc, a,·ait sa sociét(· de secours: la villr a,·ait été divisér c11 cantons; et dans chaque canton, de pet ils groupes de six membres étaient constitués, chaque membre payant 5 centimes la semaine. Les chefs de groupe formaient la comn1ission centrale du canton; el chaque commission ('entralc avail son 1·cprésentanl ù la commission supérieure. Les prolétaires lyonnais a\'aienl gard(· leurs habitudes d1ol'ganisation ! Pour ln bienfaisance, provisoi1·emrnt, ils se voyaient, se co11ccrtaient. Plus tard, encore, ils le sauraient foire, pou!' d'autres buts. Comme lesisociétés de secours, les salons permettaient celle propagande individuelle, d'homm(• à homme, qui entretenait les courages cl gagnait pa~·- fois quelques intclligen,·es.,C'était le moyen d'opposition dont usaient surtout les légitimistes cl lrs orléanistes. Les républicains ne le négligèrent point. Chez Carnot, chez Camic,·-Pagès, chez llérold, chez Laul'Cnl Pichat, ils étaie;lt chez eux; et les moucha1·ds ne pouvaient s'intro~uirc là conunc clans une société see,·ètc. Chez ~lmc cl'Agoull (Daniel Stern), la rédaction de la llevne de l'oris se donnait rendez-mus. Il. Carnot, Henan, Berthelot, Chaudey, l.illré s'y rencontraient. Et « les conversations déplorables », comme disaient les préfets, allaient leur train. La critique amère el les épigrammes alternaient. Les pamphlets manuscrits, les chansons, les bons mots, toutlétait bon pour attaquer. C.hez les jeunes, les réunions nocturnes étaient souvent plus mouvementées: dans l'atelier du peintre Dclcslre, Hihcrl et Franlz]Jou,·clain cliscnlaicnl passionnément du lib{•1·alisme cl du jacobinisme. D'autres précisaient les réformes i, acconiplir à la chute de l'Empire. r,Jais combien, au milieu même de ces discussions: sui,•ant d'une
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