Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

lllSTOIH.E SOCL\LlSTE Si six franc-s. l"n l,anquic1 hib]iophilc pair- 80 francs un C'xcrnplairr d(• la premi(·rc édition. Les hullctins de- la« Cornnwnc ré\'OllltionnaÎl'C" el dt• la« Hévolution ,,, les deux g1·011pcs rivaux qur lrs p?·osrrils a,·aicnl foncl<~s à Londres, l'Îrrulai~nt pa,·tout en dépit de la police. l.a lr11r, an pr11pl<', éman,·~ de la Commune ré,·olutionnaire, signé(' de Féli:\. Pyat, d<• Boichot, <lr Ca11ssidi(·1c, fut introduite ('Il fraude dan,; des colis de toutes esp('cr:-,. Perquisitions, ~1rreslations, poursuites, con<larnnalions, rien n'y fit: lc-s prosc-rils inondaient la F'l'ancc de IC"11rs éct·its. Le cabinC'l noir a,·ail h('au fonctio1111('1': par df'g détours ,-:uiés, la corrcsponda11cr se poursuivait r(·g-ulit'•r(' .• \ 1111rcdc,11hlement de rigueur on ripostait chaque fois par des moyrns plus ing-t··nirux. De 18.'>1 à 18.)!J, l('s rclalions des proscrits et dl':'t rèp11hlieai11s d<· lï11t1'•rirur nr furent jamais i11tel'romp11es 1111 seul instant. Ces dernif'rs sa,·airnt po,ntanl te qu'ils lisquaicnt. "\'ous :nons ,Jit l,1 , ie dn ri·puhlicain sons l'Empire: nous <H'ons dit c·r qur po1naicnt t'•lrc sC':--journaux: nous ayo11s décrit l'action de la.police. \"ous n'avons pas llC'soin d'in• sistcr sur les diflicultés de la propa~andc. disons plu~: de la ,ic, sous CC" rl·gimr de compression et dl' mensonue. Plusieurs en fun•nt aC'C'tlhli-s,brisés.« Hien ne m"èlonnc, tien 11c mï11digne Y1.'·sor111aisé,eriYait Ernilc Souvcstre: il y a longtelllps qur j'ai dépass(, les frontières du 1lll~pl'is el nwn indignation est épuisér ». Il rnoH1·ut hirnlûl cl Jl111c B,rnnc ér1·i,·ail ù l'occasion de sa morl: « Ces hommes., Lamennais, Frarh'ois ~\rago, .'.\Iichcl (de Bourges, Emile Souvcstre onl été tués par le 2 l)frcmbrc. L'amertume qui débordait leur cff•ur m'en a assez appris l9. l.a pluparl, <'ependanl, résistèrent, ,·écurent.,( Jamais parli q\Înc11, a dit Be~la~·, n'a montré plus de fierté et de pc-rsévérance ». En <lépil de l'administration et <le la police, h-s républieains continuè1·cnl de se voir, de se connaitl'e, de se sentir les toudcs, silcncicusc111cnl, dans la foule anonyme cl muCllC', oll ils étaient confond lis. Jls demeurèrent en é,·cil ~ ils gucllèrcnt les occasions~ surloul, ils formèrent de nouveaux combattants. <luand l'heure vint, .tardi,·c, tous étai<."nl pn'-ts : les anciens, fidèles, non découragés, Jesjeunes~ formés parl\•prcuvc, al'dcnls el résolus. La misère de ceux qui souffraient pour la cause avait été une [>rcrnièrc occasion de se retrouver. 11 fallait ,·enir en aide, sans tarder, aux proscr·its, à leurs familles restées en France. ~lirhel Goudchaux, le banquier, J'aJ1cien ministre des finances de la Hépubliquc, avait Cl'éé le cornitê de secou1·s pour les proscrits. ~lai secondé par Jules Simon, aidé sculemcnl par lleroisin cl par plusieurs ouvriers, il assuma la tàcbe, toujours pénible, de rct·ucillir de l'argent. Ses lcllres à Scho,..J.cher, récemment citées par ~l. Tchernoff. marquent .cc qu'il dul endurer. « Dès que j'enlrc,enai la possibilité d'augmenter Je mensuel, lui écrivait-il, par exemple, le 1:i aoùl 1852, je le ferai, soyez-en sùr, mon cher Schœlcher, car mon cœur saigne à toutes les misères que vous avez sous les yeux et que je vois parfnitemcnl d'ici; cc sur quoi ,ous

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==