Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCL\LISTI·: Ill Cavaignac. )lais le dit'laleur ne veut accepter qu'une rapilulation sau~ conrlitions. " ~lort au bourreau du peuple! » s'écrie la foule. et le fouhou,·g cerné, mitraillé est. cnlc,·é de vive force. Lr lundi 26. à 11 h. 20 du malin, Senard, à l'Assemblée, annonce la nou,·cllc en <'rs terme~ : « 0!1 f que je suis heureux, :\icssieurs ! Remerciez Diru, :\lcssic-urs ! 11 tl.c mot de citoyens commence à disparaitre du langage offlc-iel. Linr 1.-tlre de Ca\'aignac confirme bientôt. la fin de l'insurrection cl, en pro,·in<·P. s"étalc sui· les murs celle dépèche télégraphi<1ue : Paris, :26juin, '.! lt. du :wir. t( le faubourg Saint-Antoine, dcrnù~r pnint de résistance est pris. les 1< insurgés sont réduits; la Lullee:,·ltermùtà•. L'ordre a triomphé de l'anan·ltie. " Vive la République ! » L'histoir<', dans ces tueries, n1a pas seulcrne11t :'t <ICplorer le df.-hainenurnt des cruautés; elle doit aussi flétrir le déhordcmcnL des calomnies. li fut convenu, dans la presse ron:--enatrice, que les insurgés étaicnl des sau,·agcs, des vandales, le rebut de l'humanité! Un 1·0111ancierbourgeois écl'ivait bientôt ces lignes: <( Il s·agissait de savoir si la Francl' garderait son rang parmi les nations civilisées ou si elle cl(•srcndrai~ au niveau d'une tribu de nè..gres, avec l'écorce d'arbres pour vêlement el la diair humain<' pour régal. 11 :\laric dira en pleine Chambre : • :\'on, ce n'esl pas la République qui a combattu la République; c'est la bârbarie qui a osé le,·cr la tète contre la ci\'ilisation. » Les insurgés avaient lné Bréa; ils étaient donc capables de tout e.l on leur prèta libéralement des atrocités : mobiles sciés entre deux planches, balles mâchées ou ciselées, officiers al111més tout vivants. cada,·rcs mutilés, cràncs transformés en lampions ou eu soupi(•1·es, cœurs enfilés au bout des bayonnettes, jeunes filles riches cnle,·ées cl dolées, cau-clr-\'ÎC" et cigares cmpoiso,rnés vendus aux soldais cle l'ordre, dépùls de poudre pour faire sauter des édifices ou des qua1·Liers entiers, etc. Fables alîolanles, qui, en attendant d'être reconnues fausses, suscitaient des paniques; une lampe au cinquiéme étage d'une maison étail un signal; un bruit souterrain ré,·é)ail que les catacombes étaient minées. Fables ,neurtriêrcs aussi, qui provoquaient ce que le général Lebrelon appela des vengeances légitimes. Les débris dès insurgés furent traqués dans les carrières de l\lontmartrc, dans les campagnes environnant Paris. Des démÜcrales, Lagrange, Lcdru-Hollin, furent poursuivis par des gardes nationaux forcenés. Louis Blanc dut se réfugier plusieurs jours chez un ami, parce qu'on lui attribuait la paternité de ces Ateliers nationaux · créés pour lui faire échec. A l'AsscmblM, un tumulte éclate parce que Duclerc déclarequ'ons'cslhallu bravemcotdans )es deuxcamps.11C'csl uu blasphème)} - lui crie-t-on. ~lgr Parisis annonce que. les insurgés ont obtenu un certificat constatant que la balle qui a tué l'archevêque n'est pas venue de leurs rangs. On lui crie : - ,\ssez ! Assez! - et quand Beslay vient confirmer le récit, • une-voix » 1 qui n'a pas eu la fie.rté de se désigner autrement, lui lance cette

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