80 IIISTOIBE SOCIALISTE lui-nu'nu:• c·n ,Hag(\ si l'on craint '(11<' les insurgl's 110 maltraitent la déU•gati9n. 1:.\sscmbléc reste mut•llc et inc,•te. Quand elle parle, par la bou~ho- de son p1·t\sidcnl Senard. c'csl pour flétrir ces nouveaux barbares cl pour crier: • Qur ,·culent-ils donc'.) On le sait mainlrnanl. Ils ,·eulcnl l'anarchie, l'incendie. le pillage •· Cc n'est pas assez. Orgousé,• \'ondrail <1u'on ,11-rHal les juurnalis.tcs dangereux et qu'on dépo1'l1ll, sur simple constatation de .leur identité. les fauteurs de désordre. cl il faut que Duclcrc s'y oppose en s\\crianl: « Exigcz-vou:,i, du Gou,·crncmrnl un Coup d'Etat:, Il no le fera pas ». Le lcndcrnai11 2'1. Ir Go1n-rr111·111c11t., isé depuis si longtemps, est rcn- \'Crsé. Sur la proposition de P11scal Duprat cl de plusieurs autres, l'.\sscmbléc se dél'lar<' en pe1·ma11rnrc; Pari:,l,, gr,i.cc i1 Bastide cl malg1·é une soixantaine d'opposants, est 111isPn état de siège, et tous (('s pou,·oirs sont concentrés entre les mains du gt•11t~1·al Ca,aignac. Pt•u s'c11 faut qu'on ne prononce la ré\'oc-ntion de la Co1111nissione.t·1!N1t,Vc ~ on se contc11tc d'accf'plcl' sa démissiou et celle dl•s ministres. Ca\'aig-nac. ainsi i11,("sti de lu dictalurr, Trélat court lui porter un grnud pl'Ojct qui p,•ut arrètrr l',,ffusion du sang. On lui clcmaudc 1111rhl'tll'C ch• d·llcxion, pcnda11t laquelle on fait ,·ou,·ir le bruit qu'il réclame 1;;0 millions pour solder l'émeute: sou fils <1ui proteste est hué, m<-uacé: lui-nH~mc s'en ,a sans ric-n obtn1ir. On 11(" ,eut plus autre chose que le recours à la force. Les ins111·gés sont poussé~ \'Îgourc•userncnL; des deux parts beaucoup de branrnrc, d'acharnement, de- morts; des généraux, des dfputés tombent tut's 011 blessés; les gardes nationales de pro,•incc arrivent, beaucoup en ét1·a11gc équipage, mnis ani111C<·~ de fureur contre ces Pari• sien:,, <J11'011 leur 1·ep1·é~enlc <·omme n,ul11nt 1·e11H·rser la Hl·publiquc cl la Sol'iété. I.e dimarH'hc 2,j, ta1·dif f"ffnr·t tic p;u:ifi,·alion. Ca"àigna<' et Senard (csl-re l'effet de leur ambition satisfaite .' protestent dans une proclamation contre toute idée de représailles cl disent aux révoltés : • Venez it nous comme des frères repentants cl soumis ù la loi. 1.es bras de la Hépubliquc sont tout prèls à ,011s rCCC\'OÎr. • Trois millions sont ,otés par 1'.\ssemhlée, it titre do secours aux nél'cssitcu~. Trop lard ! Les passions sont surexcitées jusqu'au paroxysme. On sait que des p1·isonniers ont été fusillés. On se conte des actes de cruau_té auxquels on <·roit sans contrôle. La presse colporte el envenime ces récits .. \ la barrière d'Italie, le général Bréa, qui s'est aventuré parmi Jcs insurgi•s pour parlcmcnler avec eux, el qui a éL(- pris pour Canignac, est, a,N· un de ses officiers, enveloppé, tué. L'arche\'c..tque de Paris, ~lonseigneur Affre, qui essaie de s'interposer, le crucifix it la main, entre les combattants, c,l frappé d'une halle. partie très pl'Obablcmenl du coté des soldats. ~lais les barricades succombent l'une apr~s l'autre. Reste le faubourg Saint-.\ntoinc. On essaie de s'entendre. Une lrè,·e est conclue. Les délégués des ou,ricrs ont une entrevue avec le Président de l'Asst:mblée qui porte a,•ec eux no toast il la République démocratique cl sociale el les cood11it à
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