Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE d'avoir partagé • l'ignorance de la pluparl des hommes poliliques sur plu sieurs des queslions sociales !qui occupcnl aujourd'hui une si grande el si jusle place dans les préoccupalions du pays•• el il a nom ~lonlalemberl. Des royalis les de marque prononcenl gaillardemenl l'oraison funèbre de la monarchie. Genlilshommcs, généraux, magistrats protestenl de leur amour de la République. EL 1'011. ~sl envahi, quand on compare les engagements des candidats soil à leur passé, soit à leur avenir, d'un certain mépris de l'espèce humaine, d'une pitié altrislée aussi pour les bonnes gens qui se laissaienl piper par ces paroles dorée s. Quel monumenl de la versatilité politique que le recueil de ces promesses si br uyammenl faites el si vile oubliées! JI esl impossible de faire rentrer dans les cadres rigides de partis neltemenl délimilés ces innombrables el verbeuses candidalurcs, où la ressemblance exlérieure n'empêche pas des différences de fond très sensibles; ce qui s'en dégage pom Lanl, c'esl le conflil de deux vastes groupes d'inlérêls el d'opinions; d'un d'un côlé, sous la dirœtion du parli calholiquc, tous les ralliés de la Ht\pu hlique unis aux monarchisles; de l'autre les démocrales et les socialistes. Les catholiques sont ceux qui mènenl vraiment la bataille. Sans compter l'o rganisa lion ecclésiastique qui permet aux évêques de se concerler incessamment avec les curés et les vicaire~. ils ont des comilés de défense qui, dans c haque département, fonctionnent depuis plusieurs années; ils onl un comilé cenl ral qui relie toutes leurs forces éparses; ils ont un journal: /'Electionpopulaire, qui, deux fois par semaine, répand en province les instructions des chefs. Montale mbert, pape lalque de l'Eglise de France, fait adopter une tactique singulièrement habile. Pas d'allaques contre la forme républicaine du gouvernement; l'important est ce qu'on mettra dans cette forme vide. Or ce qu'il faut y metlre, c'est un e &me catholique, à savoir la liberté de l'enseignement pour l'Eglise, la liberté des évêques et des Conciles dégagés des liens du Concordat, et en même te mps le maintien du budget ·des culles, considéré comme garantie de cette libcrlé . Pour atteindre ce but, ne pas se soucier si les candidats sont orléanistes, légitimi stes ou républicains ; appuyer Lous ceux qui accepleront le programme résumé e n deux poinls : défense soci.ale el religieuse. Ne pas multiplier les candidatures ecclésiasLiques qui peuvent effaroucher. Montalembert cl les évêques voient avec q uelque inquiélude de nombreux prêtres se présenter comme républicains démoc rates; ils craignent évidemment de voir contrariée par ces membres du bas clergé , dont <JUelqucs-unsrêvent une réforme de l'Eglise même, l'évolulion commenc ée qui ramène le catholicisme à son antique fonclion de ciladelle de la réaclion eUJ'Opéenne. Les catholiques ont donc rarement des lisles particulières; en tout cas ell es ne sont jamais 'exclusives. Ils font alliance, dans l'Ouesl, avec les légilimistes; dans leNord avec les républicains modérés. Partout les rapports de police signalent • l'aclivité prodigieuse • du clergé. En Vendée, le commissaire du Gouvern ement lui reproche de menacer les lemmes des 0ammes ét.emeUee,si eUes ne font pu

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