IIISTOIHE SOCIALISTE 43 jours élaiL amorti; en revanche, la réaction, qui suivit la Journée du 16 avril, battait son plein. Commtnt ne pas songer au mot de Tocqueville disant des hommes du Gouvernement provisoire • qu'ils ne surent ni se servir, ni se passer du suffrage universel ? • Le pis est que l'élection tombait ainsi sur le jour de Pâques. De~ prêtres commencèrent par s'en plaindre; mais, plus habiles, la plu• part préférèrent en profiter; les offices furent cxpédi,•s et c'est souvent de l'églî,e même du village, drapeau cLcuré en tête, que le cortège des électeurs partit pour aller voter au chcl-lien de canton dans une autre église. Lamartine se félicite d,, cet accord entre la religion el la République. Le clergé n'y perdit rien ni la politique catholique. Cc vole au chef-lieu de canton fut un autre des points qui suscilèl't'nt de vives discussions. Le Gouvernement y tenait, il <•st difficile dt• dire pourquoi; sans doute en vue de rendre à la circonscription cantonale quelque arlivilé, quelque raison d'être. Mais c'était surtouL prolonger le scrutin, qui de, ail rester ouvorL pendant deux jours. C'élaiL imposer un pénible voyage à des paysan, à des artisans pauvres qui durent, en plus d'un endroit, par une pluie buttante !ain>cinq ou six lieues à pied pour accomplir leur devoir civique. C'étaiL cr fer de, difficultés considérables pour les douaniers, gendarmes, farleurs, télégrnpltisles, obligés de renoncer soiL à voter, soit à remplir leurs fonctions Loule une journée. C'était exposer au vol, ou tout au moins à la peur. des villages entièrement abandonnés duranL des heures par la population masculine. Les villageois en conçurent un mécontcnlement qui ne fil pas de bien à la fü•publique. Cependant les professions de foi multicolores tapissaient les murailles. Lrs candidats se chiffraient par milliers. Un seul d,·partement, l'Indre, en romptail quarante cl un pour scpl si~ges. Quand on fcuillrtte aujourd'hui celle littérature élélltoralc, on est frappé du développement copieux des programmes, où se rencontrent sans doule des phrases vagues, des effusions fraternilaires, des réclames de charlat.ans, des bizarreries de pensée ou d'expression, des plans énormes de régénération politique et sociale; mais aussi beaucoup d'idées saines, précises, pratiques. Education gratuite ob11gatoireet professionnelle pour Lous les enfants i service militaire pour Lous les adultes et réduction graduelle du contingent et du temps à passer sous les drapeaux; impôt sur Je revenu et même impôt proi!ressif remplaçant les contributions indirectes; caisse de retraites pour les invalides civils ..., telles sont les réformes dont la mention revient le plus fréquemment. Ce •1ui frappe encore, c'est l'opinion générale qu'il y a quelque chose à faire dans le monde du travail. Au-dessus des signatures les plus inattendues s'étalent des for. mules qui ont une physionomie à demi socialiste. • Ce n'est pas une révolution politique qui finit; c'est une révolution soriale qui commence•• écrit cclu· -ri qui s'appelle Fialin de Persigny. • L'Etat a qualilé pour mettre les instruments de travail à la portée du plus grand nombre ... L'Etat peut limiter l'expansion des classes supérieures en les appelant à supporter une plus grande part des charges publiques •,affirme celui-là, qui est l'économiste Léon Faucher. Un aut.re s'accus
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