Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

HISTOIRE SOCIALISTE chœur, humble eL timide qui regarde, subiL eLcomrnente les actes des grands dr la terre, elle monte sur la scène pour y jouer à son tour le premier rôle. En attendant, on avait préparé du mieux qu'on pouvait la première expé• rience du système qui allait mettre sur pied le même jour plusieurs millions d'électeurs el qui avait été, dit-on, déclaré impraticable par la sagesse de l'lnblilul. li y avait eu des propositions diverses; quelques-uns avaient demandé lt· suffrage à deux degrés. qui soumet l'élu à un Lriagc plus sévère el élargit la distanc,• entre lui cl les électeurs. Une brochure avait conseillé le vote à domicile· ave,· une urne portative qui irait, au son du tambour. recueillir les votes de maison en maison. On avait soutenu l'incompatibilité du mandat de député avec leo fouctions de préfet, dr magistral, de prêtre; on avait eu la vague idée d'une sortr de reprl>senlalion des intérêts où les soldats nommeraient de:, soldats, les ouvri(•rs des ouvriers, ,•te. ~lais les auteurs du projet olficiel, ,élaboré par Cormenin rl Isambert el amendé par ~larrasl, s'étaient surtout préoccupés de deux choses. D'abord ils avaient voulu empêcher que les représentants ne fussent asservis à l'esprit de clocher, et ils avaient préféré au scrutin uninominal le scrutin de liste qui soustrait quelque peu les élus aux nflucnccs eLsollicilaLions locales, qui permeL aussi dans une certaine mesure de substituer la discussion des programmes à crlle des persounes, mais qui a le lorL gra,·e, tant qu'il n'est pas corrigé par la représentation proportionnelle, d'écraser la minorité, parrois rurale, Il' plu, ,ouvcnL urbaine, dans tout un département, d'obliger les randidals à de, rornpromis qui lroublrnt la clarLé de l'élection, d~ réduire parfois les électeurs à voler à l'aveuglette en lrs forçant de désigner nne trentaine d'hommes dont beau• coup leur sont inconnu,. Ensuite ils avaient lâché de fair,• en sorte que le,, mandats fussenL accessibles aux citoyens intelligents, mais peu aisés; r'esL pourquoi ils avaient fixé pour les députés une indemnité de vingt-cinq francs par jour, indemnité que certains candidats riches, avec nne générosité destinée à lrur rapporterdes voix, :iroposerontd'abandonnerà leurs électeurs; cesonL les fameux vingtcinq francs qu,, les journaux réactionnaires jclèrcn t sans cesse ù la face des éh,s et qu'ils parvinrent à rendre odieux à des gens du peuple trop nalfs pour comprendre que gratu!lé drs fonctions signifie: • Arrièr~ les pauvres ! • .\1ais. au cours de la bataille électorale, on découvriL ,bien des précautions qu'il tallaiL prendre. bien des questions inai'lenducs qu'il fallail trancher. Une des plus controversées fuLcPlle de la date des ~!celions. On pouvaiL les rai~ très vile profiler de l'élan donné pur a Révolntiou, du désarroi jeté par elle dans le camp conservateur. C'eût été sans doute le parti Ir plus avantageux aux républicain~. Plusieurs commissaires du Gouvernement en province, cL, à Paris, la Sociiti dbrwcratùJttedtt l" 11rr011disse1nent poussèrent en ce sens. Mais la plupart des clubs agirent en sens ronlraiN', espéranL, dans l'intervalle, creuser un abime ent,e hier cl demain, modeler à leur gré les masses populaires ou arracher au pouvoir quelque décret irréparable. Les élections furmt, sous leur influence, ajournées du 9 avril au 23. • C'était trop ou trop p0 u •· a diLLouis Blanc. Le feu dl'II premiers

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