Ill TOIHE SOCIALISTE 3i5 la Drôme, qui fut le grand défenseur de l'accusé, demanda ironiquement pourquoi l'on n'abolissail pas, en vcrlu de ces arguments, les contributions indirecle~. progrcssi,·cs à rebours, puisque, prrnant 150 ou 200 francs i, un homme qui a 1,000 francs à dépenser JJar an rt 2.000 Cranes au plus à celui qui possèd,• ;;0,000 francs de rente, clics rédament du plus panvre 1/5 cl du pins rirhr l/'1.;;sculrmcnt cl(• son rl'\'<."1111. On tH' rt.'pondit rien i1 rc raisonnement. Les 1·épublil·ains modf!rés tcnairnl médioc-remcnt au fragment dïmpùt p1·ogrcssif qu'ils a,•aicnt co11sc1·n• dans leur Jll'og1·arnrnr.Gouclchaux, appuyé par Cavaig1rne, proposa unr transa<'tion qui t'·tait unr rcnonciatio11. Le texte qu'il fit adopter ëtait ainsi eo1u,;u : « Chaque <·itoyen contribue aux charges publiques,,,, proportion de ses farult,:, et de sa fortune.• S'il crul sauver aiusi ("C-qui subsistait de son plan financier, il put ronslater bicntùt l'inutilité du sacrifice qu'il a.-ait Nnscnti sans trop en souffo·ir. Il avait essayé dr nrnintcni,·, pour un an, en l'a111cnda11t,l'impôt que le Gou- ,·crncmcnl pro,·isoire :nait t~l~thli.1<" If) A,·ril, sur les créances hypothécaires. Mais il s'était heurté à l'éternelle opposition du Comité des finances cl à celle objection. juste d'ailleurs, qu'on ne frappait ainsi qu'une forme de propriété, qu'il serait plus équitable de frapper le re,·enu global. Après 1111 ,·otc qui modifiait les bases de son projet, Goudchaux l'a,ail reti,·é, avait laissé abroger purement et simplement le décret dn t!) A,•,·il. Il s'était engagé, en revanche, à déposer un projet atteignant dans son ensemble, comme on le lui avait demandé. la richesse- mobili(•r<",qui jusqu'alors était presque entièmcnt soustraite aux taxes. Oéjà un r(•prCscntant ;~.vait 1·éclamr, sous le nom de dime républicaine. unr l'ontribution unique d'un dixième sur tous les revenus, quels qu'ils fussrnl. C'>udchaux se bornait à un essai plus restreint: un impôt propo1·tionncl de 60 milions dernil ,'tre prélc\'é su,· les revenus mobiliers, avC'C' dégrê\•emcnl pour IC'~ conl1·ihuablcs qui n'attC'ignaicnt pas un minimum détrrminé. 1.r hut déclaré était, eu épargnant les paun·es, de rétablir l'(•quilibrc rompu r11l1·e l'agTÎ<"ulturr <'I lïndustr·ic. La Commission nommée par l'.\ssembléc a"ait approuvé. transformant seulement en impôt de quotité cc qui dcrnil ètre, dans la pensée de l'auteur, imp<ll de répartition. ;\lais Coudchaux cessait d'ètrc ministre cl, le 16 Janvier 181,!l, le projet était retiré par arn'té du prince-président. L'imptll sur le revenu reparut toutefois à l',\ssembléc Législative, Un nouveau projet - atténué - fut déposé par llippolytc Passy, un économiste qu'on ne pouvait certes it aucun degré taxer de socialisme. Il ne vint pas en discussion. De nu.\mc les nombreux el brillants articles qu'Emile de Girardin et Proudhon écrivirent Cil faveur de l'irupôl unique sur le capital n'eurent aucune répercussion dans la loi, La classe dominante était pour le stalll quo et, tout cc qu'on peut citer en fait dïnnovations, ce sont quelques mesures utiles pour rendre la comptabilité pins rapide c~ plus sé,,èrc ou pour mieux répartir l'impôt foncier.
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