Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIRE SOCIALISTE l'aisanc<' de <'hacun par la rcduction graduél' dr:-, dl•penscs publiques et <le l'impôt. On projeta un instant de 1·amcner tous les traitements au taux de 1822. La nc<'r!'lsitéde faire des économiPs fut l'a1·gumcntquc les conservateurs opposèrcnl ù Ioules les réformes, dcpui, le rachat des chemins de fer jusqu'à rinstruction gratuite. Puis, comme les ministres apportaiènl tour ~t tour des moyens variés <le se procurer des ressources, la tactique rut de démolir un it un leurs projets comme les décl't•ts du Coun~rncmcnl provisoire. )lainlenir le statu quo en cc domaine, c"était l'imposer dans tous les autres. Les plan$ des ministres ci·oulèrent doue com111r <les châteaux de cartes. Celui de Duclcrc fui balayé a,·ec le ministre lui-mémc par les journées de Juiu. Cependant le principe de l'impt}l progressif. qu'un membre du Cou• vcrncmcnt p1·ovisoirr avait p1·oclan1é rom me le seul juste et le seul efficace, dcmeur.ail dcboul, q11oic111cébranlé. Il daitappliqué, a,aul 181,S, daus quelc1ucs grandes , illcs, ;, Paris, it Lyon, pour les mohilicl's cl lrs loyers. L'impôt des portes cl fcnêL1·cs n·élait pas proporlionncl. La retenue sur Ir lraitemcnl des fonctionnaires était pro~rcssi,·c. Coudchaux, au nom des rt~publicains modérés, p.-oposait encore le 3 Juillet qu'on appliqmil le même priucipc aux successions cl donations. Au Comité des fl11at1ces, il y cul. bataille ù cc sujet. Les partisans du gom•ct·nemcnt dcmandcnl si lïmpcil doit être prélc,·é sur le nécessaire de l'ouvrier ou sur le surplus du richr. Us disent quïl faul choisir cnlrc deux politiques à l'égar<l de la classe laborieuse : ou celle de la résistance ou celle de la conciliation. :Ilais un membre s'écrie: • L'impôl progressif, c'est le communisme». Et dani, l'Assemblée, Thiers, malgré sa promesse formelle, ajoulc à la fot·mulc ,·otée con Ire le projet de Proudhon une phrase incidente qui enveloppe cet impôt détesté dan_s la réprobation. Cc n'csl pas encore assez. Pendanl qu'on discule la Constitution, Servière cl de Sèze proposent de substituer au texlc vague de ln Commission qui lui laisse la porte ouverte celui-ci qui la ferme; • Chacun conlribue aux cbarges publiques dans la proportion de sa fortune. » Uans le réquisitoire qui fut alors prononcé contre le prévenu, on prut ,·elcvcr ces griefs: c'esl une vieillerie renouvelée des Grecs; un procédé despotique de pacha pour emp~cher qu'il n'y ail des riches; une spoliation déguisée; un vol de l'l~tal qu'il faut llét,-ir; une sollise, parce que la République a besoin de s'assurer le concours de la propriété, qui a été la maitresse du scrutin aux élections; une chimère, pa,·cc que connail.-c la fortune d'un citoyen est chose impossible; une impiété, pa,·ce que Dieu, ayant créé les inégalités sociales, il n'appartient pas aux hommes de venir les annuler. On dénonçait aussi les inquisition, qu'il exige, les dissimulations qu'il encourage, la faculté qu'il laisse d'absor• ber les grosses forlunes par le jeu arbitraire de so11mécanisme. On s'arma de l'opinion de Robespierre et de celle d'Armand Carrel pour le combaure cl l'on s'efforça de démontrer qu'il était contraire aux intérêts des çlasse1 ouvrières, parce qu'il atteint le luxe el ferait fermer des ateliers. Mathieu de

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