Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

• 336 HISTOIRE SOCIALISH~ lait, par exemple en 18',ü, à 5 0/0. Si l'on pense qu'en 1847 clic avait ainsi c:,.c-omph: 18jt, millions, on peul calculer le bénéfice qu'avaient à se partager ses actionnaires. ~lai gré tout elle arnit eu des passes difficiles. Elle avait dio ache-tel' en Hl1ssic une gnrnde quantilé cJ'or pour remonter son encaisse tomb(·c en 181,t> à Jn millions. La Banque de France a\'ait J.J succursales en pro,·incc. li existai 1, de plus, 9 Banques dépa1·ternentalcs, q11i partageaient a\'CCclick droit d'émission. Elles avaient \'Ot1l11se fédérer; mais leur puissante ri,·alc s·y l·tait oppos<'c au nom de son contrat avec l'l~lal, et ces banqurs subalternes, qui n<-pou"aicnt être créées que par une loi, étaient gènées dan:,, leurs ow:1·ations pal' une quantité d'cntrnvcs légales. Elles ne po11\'aient escompter que le papier des négociants de la \'ille où elles étaient établies; elles ne pou,·aicnl faire de recouvrements sur d'autres plac~s, etc ... I.e parti républicain avait de longue date compris la nécessité de dêcentraliser, d'unir.cr et de d,'mocratise,· ce crédit, it la fuis enfermé dans quelques grandes ,·illcs, ll'èS inl'gal sui,·ant les r'égions cl partout réservé au petit nombre. Il a,·ait mi'mc annoncé le dessein de le « nationaliser», et les écri,·ains socialistrs a,·aicnt poussé dans le même sens. Louis Blanc réclamait unr Banque cl'l~tat; car, disait~il après Law. c'est ao souverain à donner le crédit, non ù le rcce,-oir. Il \'Oulait que le profit. entrant jusqu'alors dans les coffl'es de quclqu(•S gros financiers, écluH désormois à la nation entière et surtout que la faculté d'emprunter ù 1111 taux modéré vint à la portée des classes les moins aisées. L'occasion qui s'offrait était belle pour mettre en œu,Te ce programme. Le Gou,·ernement prodsoirc n'osa pas l'exécuter en son entier: il en n'.·alisa du moins une partie. La Banque de France, le 24 Février, arnit en caisse 200 millions en espèces. ~lais, comme il arrive chaque fois qu'il se produit une panique, les porteurs de billels désireux de les changer en écus sonnants se ruèrent à ses guichets. L'encaisse to111Lavite ù J40 millions, plus bas encore. En revanche le po1'lefeuillc, c'est-à-dire l'amas des effets de commerce escomptés s'enflait démcs111·ément, si bien que la Banque était surchargée de papier autant qu'elle était dénuée <le n11mé1·airc. Le Gou\'el'nemcnl p1·ovisoirc, dès Je 8 .:\la1·s,sous Je 110m de Dotation da petit commerce, c1·éail <les Comptoirs d'escompw qui ne dcmande1·aient que deux signatures, (fui par conséquent seraient accessibles aux moyens commerçants. Les fonds d'établissement de ces C~rnptoirs devaient être fournis un tiers pa1· l'Etat, un tiers par la ville ol1 on les installerait, un tiers par des souscriptions privées. L'f•:tat et les villes, rcnonç·ant I.t tout i11té1·èt pour l'argent qu'ils avanç·aicnt, garantissaient en outre les pertes possibles jusqu'à ,·oncun·cnce de leur mise. Le Trésor prêta 11 millions; les autres fonds furent réunis, quoique assez péniblement, en quelques jours; et des Comp• toirs surgirent,, Paris et en provi;1ce. Il en existait déjà fil, au mois Je Mai et en plusieurs endroits le taux de l'argent prêté descendait de 13 à 6 0/0. Ce ·

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