IIISTOIRE SOCIALISTE n'était pas sans opposition, cl plus d'un financier ne cachait pas l'espoir qu<' l'institution scrr1it provisoire comme le GouvcrncnH•nt lui-même. ~lais ils rt.'pondaicnl trop à uu besoin urgent pour l'li-c !Wricusrmc11l menacés. Dès l8'1tl, ils étaient au nombre de üï, rcprëscntanl t 10 million~ de capital; ils avait"nl escompté 38j millions d'effets: ils a,aient rncaissé 800 millions. On fit da,·a11tagc; on imagina un ingénieux moyf'n pour suppléer à la ,econde signatu1·C', <1ui pou,·ait t'•trc sou,·ent dure a obtt>nir pour un commer-- ,:ant dans l'embarras. On créa <les sou:<i-comptoirs il y en eut J/, à Paris scu• lcmcnt qui accC'ptaicnt en nantissement des marchandises. des titres, des ,alrm·s solides. Cela entrainait la fondation d<' .1/a~cudns g<;nérnu.,·, \'3Sles )(onls de piété, oll t•taicnt entreposés soit les matil•res p1·cmit·rcs soit les objeh fabriqués <1ui étaie-nt destinés à ser\"ÎI' de ~ages. (Il y en eul t, a Paris, ;,1 eu 1no, ince). Les 111archandisrs étaient rxpertisécs cl rrprésrnlt.~C's par un récépissé <1ui remplaçait à la Banque la troisième signature exigée cl la ~ecoude au, Comptoirs d'csco1nptc. En cas de non-rembourscmC'nt de l'a\'ance, le gage pou,·ait ètrc ,rnclu au~ enchères et au profit de l' établis~cmcnt qui l'a,·ait corhrntie. Cettr inno,·ation était un emprunt aux théories socialistes du temps, emprunt incomplet d'ailleurs; car Louis Blanc aurait ,·oulu que le!) n•cépissès ou warrants <les ma1·cha11disc-~ ai11!'1Î eng-agées dc"înssenl une ,alcur né~ociablc, u11 ,éritab1<> papier monnaie, une sorte d'assignat pri,·é. L'Elat. mo)ennant llll droit qui aurait été pour lui une grosse source de rcvPnus, S(' serail chargé de \'endl'e, dans des bnzars ou,·erls cl a<lministrés sous sa suneillance, les obJets dont on lui con finit la garde. On clH ainsi sup1>rimé entre le consommateur et Je p1·oduetcur lrs intrnnédiaires, qui font 'IUe les pri:1. triplent ou quadruplent eu passant du gros au détail. On eût du mèrnr coup donné aux tra\'ailleurs dans la gt'ne les moyens d'attendre la vente de leurs t>roduits et de continuer :'1 tra,aillcr en attendant. ~lais l'Etat vendeur dr toute espèce de choses, cela paiaissait én orme à des gens imbus de la doctrine du Lnù,·se:, faire. On s'en tint à une demi-mesure qui ne donna pas de résultats très sérieux. En effet. la perspecti,· e de vendre au, enchères les produits entreposés n'était pas de nature ,, r assurer les souscomptoirs d'escompte. 011 sait combien une chose ainsi H~nduc a la rriéc perd de sa valeur. Le secours ne fut donc utile qu'au, pro ducteurs ou aux c.létenteurs de certain~ produits qui ne pouvaient ni se gùter ni ~c trop dt'prrcier. Telle quelle, l'institution, aidée par l'l~tat poo,1100 fra11cs furent prl'tPs sans intérèts pendant trois ans par le Trt'sor au so us.comptoir des entrepreneurs du bâtiment', rendit des servi<'cs cl eJlc dérno(·ratisa en part ie le Cl'édit, c1ui ne fut plus un lcul'l'C, je ne dis pas pour l'ouvrirr. mai~ pour le moyen commerçant el le petit fabricant. Cependant il s'en fallait que le commerce fùt rentré dans s es rnnditions normales on dut proroger par trois fois les échéances . Il s'r11 fallait aussi que la Banque fùt hors d'affaire. Le 15 Mars, son encais se i, Paris était
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