Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

/ :no IIISTOIHE SOCIALISTE regorgent. parce- qu'une quantité d'ouvriers ont dû mettre 1neubles et matelas au ~lont de piété; et souvent, tous les hommes d'une chambrée n'ont qu'un seul n~tcmcnt propre qui leur sert à tour de rôle, quand ils ont à sortir pour chercher du travail. Les autres restent au lit, cc qui a par surcroit l'ayantage de moins exciter l'appétit. ~ Campés jadis au centre de la ville, ces ouvriers commencent a émigrer dans les faubou,·gs el dans la banlieue, oi, les chantiers vonl s'installer. On peul relcvc,· le même m•ouvcmcnl vers les fortifications parmi les derniers que nous ayons à mentionner, ceux qui travaillent dans les usines et <1ui sont agglomérés dans de grands ateliers. Ce sont les fileu1·s, les teinturiers·, les mëcnnicicns, les ouvriers en papiers peints. Ceux-là raisonnent, discuLenl, s'associent. Accessibles aux idées nou,·elles, inlelligenls, énergiques, ils changent volontiers de place el passent pour être quelque peu turbulents. Les impl'imeurs sui· étoffes sont notés, en 184ï, comme étanl d'humeur parLiculièrement inqhiète. Tou les ces catégories, que de nombreuses nuances séparaient, mais que la commune misère rapprocha, eurent durement à pâlir durant toute l'année 1848. Des chiffres résument brulalemenl ces souffrances. Le Lola! de la production parisienne se monlail en 1847 à il,6:l millions; il descencj en 181,8 à 6Ti millions. C'esl un écarl de 800 millions. Les ou,•riers congédiés onl été· au nombre de 186.405, el si l'on ajoute que les petits patrons n'étaient guère plus heureux, que celle détresse ful aggravée par les déceptions, les lransporlalions, les emprisonnements, on comprend que pendant de longs mois, comme le conslale l'Enquèlc de la Chambre de Commerce, ces ouvriers de Paris, si prompts d'ordinaire à se relever, n'aient pas eu le cœur à l'ouvrage. Ce qui montre encore le ralentissement subi par l'industrie, c'esl le câtaIogue des brevets 'd'invention. AX:\'~ES BIIEVETS D1 1XVENTIOX GBI\Tlt'ICATS D 1ADDITIO~S H\1.7 2150 787 1848 Sj3 3:18 184!) 1477 1,76 1850 1687 585 1851 J8:l6 626 Les chiffres révèlent à partir de 1849 une lente ascension. JI en est de même dans Lous les domaines de la production; non seulement parce que la grande peur esl passée el <1uel'équilibre para il plus stable, mais aussi parce que la crise économique a épuisé sa force malfaisante, parce que les magasins encombrés se sont vidés peu à peu, parce que de• demandes, venant surtout de l'~tranger, réveillent l'aclivité alanguie. Des conventions conclues

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