Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

328 IIISTOIHE SOCIALISTE comptait, en (évric1· HV.8, 31, établissements cotonniers, qui mettaient eu 111011,·cmcn2l ',0.000 broches en fin cl 160.000 ù retordre. En juillet de la rnt'.mc année lü4.000 c.!taient inactives. Les autres fonctionnaient 11 heures, !J lwuo-cs ou (i hcu,·es par jour. La fabrication du tulle était réduite de moitié cl les ouvrièl'cs tullistes gagnaient 25 cc11times par joui';, faire de la dentelle. A Tourcoing, 8.000 ounicrs, ,, Calais !J.000 sur 12.000 étaient en chômage. A .\lontrcuil dans l'Aisne la passementerie n'occupait plus que 8 personnes Rll lieu de 17, Dans toute la région les filatures de lin étaient en faillite. Et <'ommc lcs:usines se fel'maient. comme la construction des chemins de fer ,'tait suspendue, la métallurgie souffrait par contre-coup. A Saint-Quentin, les deux tiers des ateliers avaient fermé leurs portes, quoique le gouvcrnen,cnt <'1it commandé dans celle ville des lainages pour équipC'mcnls militai1·cs. Si l'on se trnnsporte it Rouen et aux alcntou,·s, les magasins encombrés nr parvienncntjpas il se vider; à Elbeuf, snr ll1.ooo ouvriers quelques centaines continuent à l1·a,·ail1e1·. Ap1·ès des baganes, les tl'availlcu1·s ét1·angcrs ont été chassés ou congédiés. Seule, la bonneterie garde son marché presque intact. - En .\lsace el dans l'Est, oi, les industries sont moins agglomérées. oii les pat1·ons ont été plus doux po111· leurs hornmes, la crise est moins intense. Cependant ù :\Iulhouse, pendant plusieurs mois, les métiers s'a1Tèlcnl ou ne fonctionnent qu'une moitié de J~ journée. Sedan accuse 2/3 de sans-lrarnil. A Troyes, les fileurs de laine sont clans la clét,·esse la plus profonde. A Reims, on a dol créer des ateliers communaux. A la foire de Bcs:lnç-011, ol(se ,·endaicnt chaque année des milliers de tonnes de fer, on n1en vendit pas même une en 18t,8.-A Lyon, oll les métiers ne se mettent en brnnle que .sui· commande, où il n'y a pas de production anticipée, la soierie n'a guè1·c d'autre besogne que les écharnes et drapeaux commandés par le Go11\'crnemcnt provlsoi,·e. A Saint-1::1ienne, les 2/3 des ouvriers sont réduits à l'inaction. 2ï. fours sur.'3ï sont éteints aux verreries de Rive-dc-Giers. A Angoulême, 12!papetcries sur 2.3 sont arrèlées. Les sa]aires dans la~ région ont baissé cle;moüié, pa,·fois des 2/3. - Dans le ;\lidi, à Carcassonne, le sec,-élaire de !'Enquête écrit:« L'industrie des draps est tombée et l'on n'espère pas quelle puisse se relever. » Les troupeaux ml'mcs sont moins nombreux, parec que les métiers à lisser la laine le sont aussi. - Dans l'Ouest, en Bretagne, l'industrie des toiles, déjà victime des machines, achève d'èlre paralysée. Hesle Paris. C'est là que le mal est le plus profond. Ses 325 industries ont étt·• décimées. 'Tous les métiers: ébénistes, bijoutiers, ciseleurs, fondeurs, tou,·11cm·s, charpenticl's, serruriers, maçt,ns, menuisiers, cordonniers, tailleurs, etc., onl fourni leur contingent aux chômeurs des Ateliers nationaux, sans compter 7.633 hommes sans profession. Apr~s lîs journées de Juin, les inclust,·ics l~s plus éprouvées sont celles de l'ameublement, du bâtiment, de

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