322 IIISTOIRE SOCIALISTE PllOrn11h.\11tES j:\"O:"llrne DF.S COTES FO~c1~:n1,:s J 2 .3Vlo.3G6 d(' !rois millions. c-n,iron la moitié de ces propriélaires. soil dans les villes, s:oiL dans les campagnes, étaient c-xcmpts, ;. titrr d'indigents reconnus, de la t;n.c-pPrsonnclle. On a ainsi la Jll'c11\'C qu'en cc pays de propriété rxtrf.memcnt murccléc le lopin de lcrrc. ,c le mon<'hoil' de poche 1), ne suffit plus i1 fairP ,i,-rc celui qui Ir poss(•dc. Xo11s ,·oyons, il est vrai, pendant cC's années, augmenter Ir nombre des h~tcs de hétail et la p1·oduction des corons. ~lais l'extraction des matières m~ct·ssair<'s ù l'ag-ric11ll11rc ou ù l'indust1·ic foibJit. C'est le cas pour le sel, surtout po111· la houille. Le 11omhrc des tonnes de charbon de LCl'l'Cextraites n'atteint pas celui de 181,7. Il y eut. pendant celle période, plusieurs abandon~ de· ron<·cssions pour les minc-s, et ec-la peut déjà nous faire pressenti!· que la produclÎûn industrielle a di'1 l•lr(" alors plus gl':l\·cmcnt allcintc que la proùul'I ion agricole . .\lalgr<·· le malaise qui comme-nec i, poindre dans les campagnes, la Deuxième Bt"·publiquc marque pour l'agriculture une rc,·anchc sur l'avance énormt que l'industrie et le c·ornmcrcc avaient prise sous le règne de LouisPhilippe. C'est :1qui, du rani celle époque, essaiera de faire 1·,0ucr la population des "illes ~u•· les ,·illages; c'csl à quis<· piquera d'arntqior('t' la situation des campagnards. 11~ b(-n(:ficicnl tlc ce quïls forment, i1 eux seuls, ~,ï 010 de la population francaisc (20.3~2,000 en 1851) cl par conséquent la majoritë des éle<'lcurs. Les conscn·alcurs aussi bien que les socialistes, le• président aussi bien que l'Assemblée, les combien! de caresses cl de promesses; cl c'est pour leur masse engourdie l't~\'C•il, non seulement à la vie politique cl inlcllccl11ellc qui pénètre chez eux par le journal, la brochure, l'almanach, la 1'é11nion 1.'·lcctol'nle, mais à des dési1·s tout nouveaux. L'Enqnèlc ordonnée en 181,8 ré\"èle les principanx de leurs Yœux. Elle est comme un "Cahier des paysans •· Ils p,\tisscnt avant loul· du manque de capitaux. N'ayant pas d'argent, ils en empruntent, mais à de dures conditions. L'usnrc dévore certains dépal'terncnts, et l'Alsace entière est la proie des Juifs de 8'\lc. Ils demandent pour remédier au mal des banques agricoles, 1'01·ganisalion d'un crédit foncier, la réforme du système hypolhét·airc. Ils dénoncent la cherté g1·andissante de la main-cl'œuvre, causée pa1· le-départ des jeunes gens qui s'en vont comme soldats, domestiques, ouvriers, quand ils n'émigrent pas en Afrique ou en Amérique. Scandalisés du fait <tue deux rnillions de propriétair~s au moins ne cultivent pas eux-mêmes leurs lcncs, quelques uns demandent qu'on exempte du service militaire le fils aîui• du paysan, à condiliou qu'il cultivera lui-même. Ils se plaignent de la ch~rlé des engrais, de l'irnr<)t qui les frappe plus lourdement que les
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