:120 llISTOlHE SOCIALISTE juste. Un sentiment de pitié pour les misérables qui c1·oupissaienl dans ces taudis n'était point étrange,· à ces mesures de salubrité publique. Dans un esprit semblable on ,·ota la loi Grammont qui interdisait de maltraiter les animau.x. L'Assemblée Législative n'était pas incapable d'humanité, quand ks intérêt~ de la classe bourgeoise ne se trouvaient pas en jeu. Ces accès de charité étaient quelque chose: on n'a le d1·oit de rien dédaigner de ce qui épargne unC' doulcul' à des ètr·cs ,·ivanls. Mais c"était peu, si 1'on songe à ce que les t,·arnillcurs avaient attendu dans les premiers jours de la Révolution. I.e grand fleuve d'espoir et d'enthousiasme, qui coulait alors puissant el majestueux, semblait avoir été bu pa1· les sables cl il finissait en ruisselets insignifiants. CHAPITRE VII I.A PIIODUCTION ,\(;111cou~ ET INl>USTIIIEL.L.E Après les théo,·ies, les lois et les institutions, les faits matériels réclament notre attention. Que fut, pendant ces années agitées, la production économique sous ses ·t1cux formes principales: agricole el industriellt! :' Les Révolutions n'empèchent pas le soleil de briller, de dorer les blés et les raisi11s. Les évèncmc11ts poliliqucs 1 lant que la sécurité n'est pas compromise dans les campagnes par la guerre éll'angère ou civile, n'ont pas de répercussion profonde sur les t1·avaux des champs, et les vaches maigres ou gl'asscs continuent à se suivre, selon les lois encore mal connues qui gouvernent les saisons. Autant qu'il est pennis d'en juger cl'ap,·ès des données fort incomplètes, l'agriculture, pendanL la Deuxième République, est en progrès. La surface cultivée s'accroit. L'augmentalion porte sur les terres labourables et les \·ignes. Le chiffre maximum du slècle dans le nombre des hectares occupés par celles-ci est mè111catteint en l'année 1849. Corollaire naturel, la superfîcic des landes, bois et prés a diminué. Il s'ensuit beaucoup de blé et beaucoup de vin. La récolte en froment a pourlant baissé et même le rendement par hectare;.le prix moyen de l'hectolitre aussi, et de plus de moitié, si on le compare aux chiffres de l'année de disette 18!,7. Cela dénote un commencement de malaise agricole auquel contribue sans doute l'arrivage des blés étrangers. FROMENT ANXÉES lltCTAHES 111-;c-ro1.1TnES PHODUIT PAH rHJX .\IOYEN' OF. EXSEMEXSÊS HÉCOLTÉS HECTARE L1HBCTOLl1'RE 181,ï :;,979.:111 97 .611.140 16.32 29.46 1848 5.9 ..... 89.9 ..... 14.73 16.27 18!,9 5.9 ..... 90.6 ..... 15.21 15.39 1850 5.99!) ... 87.9 .. . .. 14 .78 14.33 1851 (1.090 ... 85.9 ..... 14.33 14.63
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