Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE i'Îous en a,·ons déjà indiqué la plupart. Il faut y joindre, p,,,11· [enfance, la <:r,'atio11 de salles d'asile et de c-rèches, des pat"rnages en fan•ur des jeunes dt~lenus, et un projet à l'a,antagr des enfants lrou,t~s; pour la vieillesse, le vœu d(' faire cir,·tder plus lnrgem("nl l'air ._•t la 1umit·rC' dans les hospices ri la loi du n ao,H J8jl, qui obligeait les hc\pitan, a rcce\Oi1· les indigents tombés malades dans unecomrnune, 1nt·mc quand iL~t•I.IÎrnl dornicili(·s :lillc,1rs. mais qui les autorisait à rt.;c1amcr le:-.frais de lrur rnlrf'ticn nux fami11cs ou a·ux communes d'origine~ pour les adultN,. rt•t.1hli~~emc-11ldr bains el de lavoi,·s i1 bon marché, l'assistance ju<lîC'iain~. la !:,"'l'alnilétfrs acte, dC' l\;tal ri,·il, nl•cessaire::- au mariage de::- indig<"nls r•I ù la lé·gitimalion de leur:-- cnfant:, 11t..~hsors mariafrc. l.a qut..•stion des habitations ouvl'Ïèrcs a\"aÎt pn··oceupt.: le~ esprits. On :--ait l.1 t('nihlr n;1•··b1·ilt· qu·a,·airnt alors les cnvl1S t'l les ;:reniers de Lille. 1:économist(' Blanqui a une pag'C indignée sur les repaires d(• Hou('n « mal ù propos décorés du nom dïwhilations ,,. et il ajoute:" Il faut quc- personne en France n'ignore qu'il e,istc des milliel's <l'hommcs pal'mi nous <lans une situation pil·c que l'l·tal sau\'age. •• La commission du Luxcmbou1·g- a,·ait pré\'u la fon .. da lion de grandes citl"s ou, rièrcs qui co11ticndraicnt charnn eccnl mt..'·nagr>s et leur offriraient à prix réduits logement, ehnufîagc, éclai1ag-e <HCC' toutes les commo<lill~S.l'éscn·ees jusq11'alo1·s au>.. riehcs . .\fai~ le-plan ne- fut pas e'.\écuté. La Constituante. ù son tour, a,·ail aecoi-tlé unt.• C''.\{'eption dïmpùls pour quinze années it toute con:-lruction qui s<!'rait C'o111111t•ntt:,, avant le l"r jan• vicr 181 ,H cl dcstinl•e ü loger des ou,Tier:-. Cette question ne fut pas abandou11éc. Les journé('~ de Févric1· et de Juin a,aienl rendu la bourgeoisie allenti,·e aux facilitt..'·sque les ,·icillcs rues ètroil"-s el tortueuses offrent aux banicades. Le choléra, passant des quarliers pau,rcs aux aull'CS, avait éveillé clwz les riches le sentiment d"unc solidal'ité inattendue. Et voiri que le macadam apparait sur les boulc\'ards et ks placi's; <1ue des ~pëculateurs vantent le pa,é en bois, • le-pa, é consf'r,·atr111· •: que l"l',·entrcmenl de:-; ,illes commence au nom de l'hygiène .. \ Paris seulement, on décidait l'aehèvemcnl du Louvre et sa réunion aux Tuil<"ries, la dén101itio11 des antiques btiliments qui s'enche,·ètraicnt encore entre les deux palais: on prolon~ gcail )a rue de Hi"oli, on c-ntamail la conslruclion des Jlallcs centrales dont la première pierre était posée par le prince-président en Septembre 18;:;L t.: n Paris nou\'cau se préparail ainsi, arraché à sa tra11quillité d'~ntan cl à ses lraditions, un Paris plus aérë, plus sain. plus coquet, plus cosmopolite, capitale du plaisir pour les oisifs et les étrangers, animé d'un mouve111ent centrifuge qui reléguait. dans les faubourgs sa population ouvrière cl poussait vers la région du couchant ses avenues élégantes et aristoeratiques. A cette transformation se liait la loi du 13 Avril 18J0 qui donnait ù des Colllmissions nommées par les Conseils municipaux l'ordre d'inspecter les lo·gements et le pouvoir de fermer ceux qui ëtaienl insalubres. Il faut être

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