Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

lllf;TOIH" SOCIALISH~ 23 inutile de grands gesles el de grand; cris. C·•, d~ux résultats so produisirent en 181.S. Dans certains clubs, où l'on délibèr~ sous des piques surmontées de bonnets phrygiens, où l'on invite IM citoyens à siéi(er en blouses, où l'on propose d'isoler et de !aire mourir d? laim les riches en ét-ablis,ant autour de leurs maisons un cordon sanitaire, les auditeurs ne sont pas longs à mettre au point ce décor truculent el ces hara~ues enflammées. C• n'est pas en vain que trente ans de paix ont passé sw· la France : les mœurs sont devenues plus douces el les hommes plus humains. Le caractère débonnaire des révolutionnaires de 1848 pcr(){' à tr,n-ers leurs propositiuns les plus violentes. Les mondains et mondaines, qui s'aq~nlurenL dans ces antres, comm~ dans une- m,:nagerie de bêtes fauves, pour h• plaisir de sentir à la ,rnque un légr•r frisson, ne tardent !(Uèn> à découvrir dï1onnêtes moutons ca,·hés sous des peaux de tigres. Médusés peut-être la première [ois. il, ,ont vite blasés, rassurés, railleurs. ,Jais les habiles compn>nnenl queUrs msm·s rmpoisonuoes peuYet1t être contn> la Répuhli~uc les prnpt1s saugrrnus ou far0tH'hesd'o,·atru~ en ,·cirw de fanta1i;;:iPP. l lt•111-s éjaculations soigneusement. rt·n1Pilli".:; & 1 1:11 iront Wrrifir,r la pr<wince PL Ir~ villa~1l!;;. li faut en diJ•p autant des journaux a Litre:, 1· 1 ·lPnlisc;;ant~ qui ~urgi:-.scnLdan:, ces semaines d'efTer,·f'~l·rncc. La Convnune de Paris, lr XOlweau; Cordelier, le Père IJ11chêne, la Cuilwlinc, l'.lmi du f"Uple sont aux feuilles rie quatre•vingt• treize, qu'ils veulent rappeler, comme des revenaub fabriqués avec une tôle d,• mort et un drap blau!' pour épouvante,· dPs âmes timorées. On les a trop jug<'S sur l'apparencP. Qni les parcourt y rencontre souv,•nt ""'' "" Mratioh de ton inaLlendue. C'est lo cas, du moins, pou,· le Père Duchêne, • gazctto de la Hévolution •• que dirigèrent Thuillicr et Colravru. Pour ,•stim,•r lïnfluencc de ec•s feuilles à sa juste valeur, il laudrait savoir combien de lcrtcur,. chacune avait et combien de jours elle vécut. Il faudrait savoir également, pour quelques-urn•, d'entre ..11,•s.qui fournissait l'ar!1{lnl et si elles n"étaicnt point payées pour taire peur. Cette èltul-· u'ètanl 1•~• lu1te, 1n '"• il sied d'êtl'e prudent et de nr I"" prendre au tragi,;110I,•,, xcè:; tle langage qu'on peut y rcie,·er. Au reste il s'en laul de beaucoup qu~ clubs et journnu~ du parti avancén'aient été que des boit•<• à gros mots et à propQsitions incendiaires. Le public nombreux, q:ii suivait les ,,.ancc,; de la Société centralerépublicaine. dans la salle du Conser• vatoire de musique (et les étrangers de passage, les gens du monde s'offraient volontiers cc régal) était souv~nt étonné d'entendre Blanqui, avec sa voix fluNlc et ses mains éternellr-ment gantées de noir, discuter en termes d'une correction parlaite,d'une précision mathématique et d'une ardeurimpiloyablementcontenue, les plus brûlantes questions du moment. Au Club de la Révolution, ceux qui aimaient le panache crânement porté, l'honnêteté grandiloquente, les attitudes chevaleresques se délectaient à écouter Barlres, celui qu'on nommait le Bayard de la démocratie et qui unissait dans son cœur le culte de Dieu et de Jeanne d'Arc à celui do l'égalitk. A la SociéJé /rattmeUe centrale Cabet, accompagné parfois du socialiste anglais Robert Owen, p1·êehaiL son communisme éYan•

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