Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

:118 HISTOlHE SOCIALISTE travail dan, les manufactures. En second lieu, la c1·éation d'un Conseil supérieur, do11t les membres appa1·tiend1·aient aux plus hauts corps de l'Etat et auraient lïnitiativc des pl'ogrès .'.1 raire en cc domaine. Cc qu'il faut encore remar<It1cr, c'est u11 essai (.l'assisLaDcc pat· le travail c1ui consistait à ouvrir da11s tuu~ les cantons des ateliers temporaires qui, combinés avec l'exécutio11 de lra,·aux publics pour l'Etat et les communes, remédieraient aux chùmagrs arcidcntcls. On y travaillerait it · la tùchc et pour des salaires moindres que dans l'industrie privée, C'était, plus prudemment appliqué, lr printipc mt.,medes Ateliers nationaux, quoi que pllt dire Je ministre qui s'acharnait ù éviter cc nom mal famé. Le l'apport assez diffus du pastcu1· Coquerel à cc· sujet montre bien la peur qu'on avait de tout cc qui aurait pu ériger l'indigent en créancier de la société. Défense au p1·éfel d'imposer des centimes additionnels aux communes récalcitrantes. Point de taxe des pauvres, comme en An~letcrre. Pas de sccoul's ;'., l'ouvric1· en cas de grève el pas mèrnc dans les crises provoquées par l1 i11t1·oduction des machines daos l'outillage. En somme le projet,modifié et rel1·éci par la Commission de l'Assemblée, « repose, ,·ommc l'éc,·it le rapporteu1·, sur une initiation plus complèle des classes aisées i, l'exercice de la bienfaisance. » Il n'est pa~, il ne veut pas être racquitlemcnt d'une dette sociale. Si la Constituante sur cc tcnain n'ose pas ,narchcr de l'avant d"un pas résolu, la Législati,·e est encore plus timorée. Armand de l\lelun, qui dans une brochure a réclamé vigou1·cusement '< l'intervention de la société pour prévenir et soulager la misère», et rnèmc un ministère spécial chargé d'organiser la prolcctiondu pau,•1·edcpuisl'enfance jusqu'à la vieillesse, demande dès son entrée à la Chambre, la-nomination d"une co1nmission de trente membres pour codifie,· enfin la charité officielle. Mais, dans cette Commission, oll dominent les conservateurs bourgeois et catholiques, il est, pour les idées qu'il profe~se en la matière, vaguement suspect de socialisme. Ses projets sont critiqués par :\ionscjgneur Parisis, qui voit a,·cc peine rintrusion de l'Etal dans un domaine qui a élé durant des siècles, comme l'éducation, l'apauagc des clergés. La brochure de son coreligionnaire inspire à I"évèque cc cri du c<rur: « Toul cet ouvrage est conçu el dirigé comme si l'Eglise n'existait pas. • Et alors. c'est, sous les coups d'une majorité Catholique, la faillile de la démocratie catholique. Les Jll'Ojets du vicomte de ~lcluo ont Thiers pour adversaire et Emmanuel Arago pour défenseur. ce qui, dit le vicomte. achève de les perdre. Plus de vaste plan d'ensemble! Thiers, nommé rapporteur, débite des phrases sur la Providence, n'admet la charité que ,·olonlaire el spontanée, déclare que les régimes antérieurs ont suffisamment rempli leur devoir et laissé peu à faire en ce qui concerne la bienfaisance. li sab,·e toutes les promesses de l'article 13, les traite de chimères ou de duperies et il réduil la t.iche de l'Assemblée ù quelques réformettes anodines.

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