Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

JIISTOIHE SOCIALIST~ cili(~~ depuis six mois dans la circonscription. Désireux de réaliser la collahoration et la co11rilintion des classes, il voulait que les deux groupes en présence ftisscnl rcp,·ésenlés par un nombre égal de délégués el que la pr<'- :;idcncc appartint tour:·, tour :1 l'un el à l'autre. Il denrnndait encore que le rnlc C<1tdou bic pour l'élection des prudhommes, c'csl-:1-dirc que les délégués p:1tro11a11x fussC'nl choisis par les ouvri('rs sur 1u1c liste de candidats établi~ pnr les patrons, que les dél(~gut's ou\·ricrs fuss('nl c·hoi!,is par les patrons sur 1111c liste étahlie par les ou\'rirrs. Le projet n,· se bornait pas là, Il visait il <·ri·CI' toute une orga11isation judiciaire et nu'-mc-administraLÎ\'C en matièl'C t'·conomiqu<·. Il dc,·ait y ~Hoir dans toute commune oi.t les intéressés lc demanderaient un Conseil .i;pé,·ial. <1ui réglerait sans frais les nrbitrages et contestations auxquC'ls pounail donnC'r lieu son g-roupc d'industrie. Le~ dllag-cs n·,,taicnt point exceptés et il ful question de prudhommes agricole, au Comitt' d,•s trnvaillr11rs. JI y cul même i, la l.t'iôslati,·e (27 ma,·s 1851) nnc proposition ferme de Nadaud, Crcppo cl Colfavrn pour qu'il en ft\l créé une catégorie comprenant les om ricr, des champs et ceux des professions jusqu'alors restées en dehors de cette jusli('c exceptionnelle. La proposition rut (l'ailleurs repoussée. :'.\1ais, pour en revenir au projet de Flocon, au-dessus df"s (,.'on:wils spéciau.t· cl sortis d'eux par élection, on prévoyait des Conseil,,; de /nmillr qni fonctionneraient comme Cours d'appel, comme hureaux de plriremcnt. r<u1lmcoffices de renseignements sur les conditions du travail, comme :1gcnls de conespontlance avcr l'autoritr, comme dépôts <lC'smarque'~ de fabrique ll. I.e projet parut ambitieux. Il ne l'ut accepté du Comité des trnvailleur.• <1u'en partie: il arri,·a dcrnnt la Constituante amputé de loul cc qui devait élargir la c·ompétencc des Conseils. On sac,·iflail au désir d'aboutir vile. Pour l'lre électeur, il fallait avoir vingt ('l un ans, six mois de résidence: pour ,'tre éligible, Yingl-cin,1 ans d':ige el un an de domicile; l'Assemblée ajouta l'obligation de savoil' lire et écrire. Deux points surloul furenl contestés. Ferrouillat, ,·eprésentant du Rhône, cl la plupart des représentants ourriers demanderont que les délégués de chaque groupe fussent désig'nés directement par cc groupe; que l'antngonisme réel des inlérNs ne fLil pas masqué par une conciliation anticip('c et apparente qui pourrait fausser le résultat des élections. Cependant le mode électoral compliqué que Flocon avait proposé l'cmpol'ta. L'a ut l'e question litigieuse fut la place qu'occuperaienl les contremaitres et les chefs d'ateliers. Yoteraienl-ils a,·ec les ouvriers, auxquels ils appal'lenaient par leur origine, ou a,·ec les patrons, dont ils étaient les hommes d~ confiance et les fondés de pouvoir? C'est ce dernier parti qui fut adopté. On stipula seulement qu'ils ne pourraient former plus d'un quart de la délégation patronale. Un décret ministériel du 6 juin 1848 ajouta de• di•- posilioos supplémentaires pour certaiues villes, comme Lyon, Nîmes, 1, 11 y Put na projet t;pt'.(-ial,('D 1851 1 &ur I•• muque• de fabrique.

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