Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE .\stouin, représentant des Bonches-du-Hhùne, tenta de rnorlifie,· le texte du Code civil sur le prù,i/i•ge de salaire. L'article 2t01 décidail qu'en cas dP faillite les gens de sc1'\"Îce scraicnl payt's avant les autres créancirrs. On demandait d'c.~lcnclrc cc priYilègc aux ouvrÎC'l'S pour le salaire qu'ils avaient gagné pendant les trois derniers mois précédant la faillite. L'ounier. disaiton, qui ne partage pas les bénéfices <lu capital, ne doit pas t\lrr non plus exposé à en pal'tagc1· les pertes. :\lais la majorité, qui assimilait les ouvl'icrs, <ruand cela leur était déCa,·orablC', aux domestiques, refusa de les mctll'C sur le mèmc pied, cette- fois que l'assimilation r1H l·té en leur fo\"cur. On pr<~Lcxla qu'accorder aux ou,Ticrs cc privilège serait leur faire 101·1, pan~r qur le$ entrepreneurs, menacés d\\lre obli~és de payer tous lrs salaires d1is. ne trouvcrai('nt plus atissi facilement à emprunter cl par suÎl(' cùmmenceraicnt moins de lravaux. Hien donc ne fut chang-é ù ce qui cxistaiL le livret. - La question d11 li\ï·et fut aussi sou_le,·éc. Dans la crainte qu'on a,·ait de la classe ouvriè1·c, on n'an,it garde- de lui êpargne1· l"obligation de tenir il jour cc petit lin·c qui devait t.\lrc si~nê du patron, du maire ou du commissaire de police cl contenir la liste des a,·ances faites ù ~on employé par l'cmpluycur el garanties par des retenues sur le salaire fut111.·. \lors qu'en Octobre- J8'18 on rxigcail un passe-port de l'oun·ier qui ,·otdait aller d\111 département dans un autre, on laissail volontiers peser sui· lui la néce:-sité de porter :wee lui, quand il changeait d'atelier, cette espèce d<- c·rl'tilicat. de bonne conduite el de docililé. {\adaud demanda sans succès l'abrogation de celle preuve de défiance à l'égard des travailleurs mai 1831\. On tenta du moins d'all(;nucr cc qui le mcllait, non pas sous la surveillance de l'autorité, mais sous la cl(!pcndancc économique du patron. Il était parfois, pour peu c1uc l'avance consentie par le patron ftit. assez fol'te, prisonnier à "ic de sa <lette: il demeura il auaché à la fabrique comme le serf du moycn-:.igc rétait ü la glèbe. Quelques représentants furent d'a\"Ïs d'interdire toute inscription de ce gen1·c sur le li\'ret. Le ministre proposa de li,niter à 30 francs l'avance autorisée, qui en ccrlains cas pouvait êtl'e une ressource vitale pour l'ouvric1·. Cc· ful l'opinion qui pré,·alul et le livrel conti11ua d'cxislel' avec cc léger adoucissemcn t. Les Conseils de prudhommes. - Quelque soi~1 qu'on prit de maintenil' la suprématie des patrons, on éta_it bien obligé de p1·évoir des différends entre eux et leurs ouvriers el des moyens légaux de les accomo10de1·. Il existait pour cela des tribunaux de prudhommes, du moins pour certaines villes et .pour certaines catégories de travailleurs. Flocon, quand il fut rninist..re du Commerce, essaya d'étendre leur jul'idiction. JI voulait, de plus, que les prudhommes fussent élus, non plus seulement par les patentés qui étaient presque tous des patrons, mais aussi par les ouvriers el compagnons clomi-

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