Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

W8 IIISTOIHE SOCIALISTE lïnl<'rdieLio11 absolue· du lrantil de nuil et la limitation tlu Lra,·ail effectif il 10 hc11rr'-j11:--1p1'it 12 an:,.et ü 12 heures jus(fu'à J(j ans. Il ,·oulait de plus qu'on Jc-urlnis:--;il leur Dimanche complet. Enfin, il 1·éclamait une inspection lo('ak (~t grat11Îl(', qui devait être conGCcaux i11génicurs des Ponts cl Chaus- :-.t~c:--. Si, pa,· l'abandon de cc projet, les enfants ru,·enl privés de garanties ncnnelles dans ]a gl'andc industrie, ils bén(~ficiè1·enl du moins, dans les pelits utelicrs occupant moi11s <le vingt ouvriers cl soustraits jusqu'alors au rC'gardde l'l~lat, d'une r('glcrncrnlalion <le l'apprentissage . .L'ot1\'rie1· Pcupin, à la Constit11a11te, amit proposé !) .\oi,t 1848 que le nombre des apprentis f,H limill•, u11c ,·iC'illc question qui, depuis le moyen àge, élail un sujet de qucrdle r11ll'e rompag11011s et maitl'CS. JI imposait à ceux-ci certaines conditions d':igc ùl de moralité ; il leur interdisait toute correclion corporelle: il autol'isait des poursuites contre eux, quand ils auraient nianqué it leul' dc\·oi ,. d'i 11s tru et ion p1·oression ncllc cl d'éduca lion mo1·ale cn\·c,·s les enfants co11fiés à leurs soins. Il demandait que l'apprenti fùt itgé de 12 ans au moins; qu'il ne rit pas plus de dix heu,·es par jour et qu'il eût son dimanche tout entier; qu'il fréquentt\t les écoles et les cours industl'iels; qu'il eût, sous le non! de curateu,·s, des espèces de tuteurs (1\. Ces demandes a,·aient été déjii restreintes pa,· le rappo,·teur, de Parieu, qui ne les acceptait qu'en gros. Elle le furent encore da,·antag-e, quand la question non 1·ésolue revint devant la Législative ft, l\lars 1850). Le nouveau projet, émananldu ministre du com~ merC'c, J.. B. Dumas, était beaucoup moins précis. Il recommandait snns doute an patron, sui\'ant une antique formule, de se conduire envers l'apprenti en hon père de famille; mais il lui permettait d'embaucher les enfants ,, tout :igc et en aussi grand nombJ·e qu'il le voud1·ail: c'était une des mesures les plus antipathiques aux ou Hiers, qui risquaient fol'L d'être dépossédés de leur besogne partout où un enfant pouvait leur être substitué. Le temps de Lrarnil autorisé était de 10 heures jusqu'à l'< ans, de douze heures jusqu'à 16 ans, àge oil le travail de nuit pouvait commencer. Le repos du Dimanche était l'éduit à l'après-midi: le matin, jusqu'à 10 heures, était consacré ù ranger l'atelier. Deux heures par jour étaient réservées pour l'inslruclion primaire el l'éducation religieuse. En cas de différend, le Conseil des prud'hom• mes, comme dans le projet primitif, devait prononcer. La loi s'était singulièrement rehichée sur la route. Cela n'empêcha pas les économistes de la trouver trop rigide el les patrons trop gênante. Elle fut mal exécutée, comme celle qui concernait les enfants travaillant dans les manufactures. Pour les apprentis, il n'y avait point d'inspection; pour les aulref, ceux qui remplissaient cet office n'étaient point payés; ils étaient

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