Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

HISTOIRt SOCIALISTI~ CCl'lain ~gc .. \utoriscr <les patrons, disait-il, it fairr tJ'a,aillcr des èl1·cs humains, 1',, 1:-, heu1·cs cl davantage, c'était l<"ur ronforri- le droit d1humi- <·idc-. Coi·bon se trou,·a, pou1· celle fois, d'aeco1·d aH'C ks H)('Îali:-.trs. Il rappela que déjà, en 18',0. le~ ou,ricrs s'étaient soukn'·:-. r111·l'cla1nant dix heures ck travail et l'abolition du marchandage. Il demanda si l'un ,onlait toujours t1·aiter la das:-.e ouvrii·rC' rn mineure, en inféricu,·(• priH~C :\ prrpétuité des moyens de dé,·<'lopp<'t' son intelligence, et il s'éle,·a con ln· lrs orateurs qui osait.·11t accusc1· de pa1·cssc des gens lra,aillaul beaucoup plus qu'eux. 1.a thl·sc contraire fut , igourcuscrncnt soutenue. 1311fret, a,·cc une franchis(• pt·C"sque ey11ique, déclara que Je décret ùu 2 mar:-. a,·ait pu paraitre unf• con<·c-ssion néccssairr, au lrndcmnin d'une Hé\'olution,alo,·:- que lrs on,Ticrs étaient rrdoutablcs, mais qut' maintenant il était de,·cnu inutil('. Déclaration qui poussa le démocl'ale Cambon i, somrnC'r,sans l'ésultat d'aillcu1·s, les ,ncmbrt':, ùu Co1ncrncment provisoi1·c dC' \'enir dil'e si, ('Il signant <.'C dée1·ct, ils a,·nicnt entendu simplement g-agnel' du tcmp,; en t1·ompanl le peuple. A,·cc l.éon Faucher, Buffet essaya de p1·ou,cr que le déc1·et élail défovorabl(' aux travailleurs; qu'il amenait la fermeture de 11ombrcto. aldiPrs. parlant le d1ômage et la misl·re. \\'olo" ski ajouta que les ou,Tic1·s :tin si protégés. auraient ,noins d·énergic, 11011 seulement pour lra\'aill~r, mais même pour pt·éparcr leur émancipatiu11. Ils cli1·c11t aussi et l'argument était plus sérieux, C(Ut' le <lécrt't a,·ail le lo1·t de crém: une i11éf?alilé entre Pal'is cl la p1·orincc; qu'il fallait un règlement unifo1·me ou pns Ur règlement Ju tout, sans quoi }C":, tra,·aillc-urs se précipitcraic11l dans les industries où il scrail permis de gagner da,·antagc en tra,aillant plus <l'hcurcs. Ils dirent que le décret tuait lïndust1·ic franç-ai~,: cl un orateur (.",•alua la perte qui en résultait pour elle à ;;;o millions par au. Ils di1·cnt que le décret était de pins inapplicable; qu'il laissait de côtl~ la ('alègorie la plus malheureuse des travaiHcurs, ceux qui travaillcnl i1 domicile cl qu'on ne pouvait empêcher de rester à la peine seize ou dix-sept heu,·cs, clit-on à sa clispositiou une arrnér d'insprctcurs.lli dirent t(Ue, si l"on rt'glcrnentail la durée du travail, il fau<lrnit ensuite fixer le taux des salaires, le p1'ix des choses, cc qui était ma11ifestcmcnl impossible et contraire à la loi de l'off,·e et de la deman,lc. Ils dirent que le décret posait des limites arbilraires: Pourquoi onze J.c-ures ~ Pourquoi pas neuf ou huit? Ils dirent enfin, argument sup1·ê1nc et irrésistible, que c'était faire du socialisme déguisé. Or, Léon faucher citait ces mots qu'il a,·ait recueillis, disait-il, de la bouche d'un membre du Gouvernement provisoire: K Le socialisme. c·est la peste. \1 Et il ajoutait qu'il avait répondu : « Yous avez raison. l\lais mus ètcs tous malades de la peste. • Pendant que se prolongeait la discussion, on fut étonné, de parl et d'autre, d'entendre tout à coup le gouvernement proposer un moyen terme. Le miniatre de l'intérieur, Senard, voulut-il racheter la légè1·clé avec laquelle il avait lancé l'accusation de pillage contrn les insurgés de Juin, Toujours

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