IIISTOIHE SOCIALISTE n'osa pas abroger le décret. :\lais, au lendemain des jou,·nées de Juin, on pouvail snns J)(.'l'Îl 1·cycni1· en arrière. Dans la première séance que Lint le Comitl· des tra,·aillcurs ap,·è·s l'insu1·1·cclion ile :m juinl, l'économiste \\'olowski p1·opusa l'abrogation pure cl simple du d<'crcl qui limitait les heure.:. de tra,·ail. Ses collègues, un peu cffari·s dr cette prl~Cipitalio11, trouvaient la p,·oposition peu opportune en un moment où les r1~p11blicains modt~r<'-s ,·otilaicnl e:,;sayf'I' de gagner ce qui restait d'ouvric1·!<-. :\lais \\'olowski répo11dail qu'il était temps que l'.\sscmbke nationale fit entendre la \'Oix d,• la ,érit,·· - c'rst-ù-dirc> de J'i-conomic politique orthodoxr - aux ouvrieriégar(·s par de fausses théo1·ÎC's et il arguait que certains oun·irrs drrna11dai<"nt .. ~ux-mèmcs qu'on }('11r laissti.t la liberlt'· d<· ti·a,·riillrr 1:~ ou 1'• heu1·es ou dan,ntagc-, si rein leur faisait plaisir. La p1·oposition nr traina point comme l'c11qu,\t('. Le rappo1·t fut <ll~posé le 5 Juillet pa1· Pascal Duprat. I.e rapporteur <'•laitembarrassé:""" il :l\ait pari,· contre- \\'olowski tians le Comi11··. 11 faisait doue de~ l'éS<'rvC's; il dét."larait que l'Etat a,·ail Cf'rtainement Ir droit cl'inlc-n·eni1· pn matière économique, c1u'il l'avait fait;. plusieurs n·prises, quïl ne pou,ait laisser épuise,· la foret ... ritale de l'oun·ier; mais il ajoutait que le Go11vcrneme11t pro,·i:--oirc avait troublé les (.'Onditions normales dc- l'industrie en cherchant ii les modifier~ qu'il avail 1•f"nd11impossible la concurrence de l'industrie fran(·aisc a,·cc lïndustric étrangère ('rt un momcnl ol1 la premii•re était déjù fort atteinte; cl il concluait en faveur de la proposilion quïl a,·ait combattue. La discussion vint le :io aoùl 18',8 cl dura plusieurs jours. En l'absence de Louis 131anc, arraché quelques semaine$ plus tùt ,, son banc de député. pas un seul des mcmbl'CS du Couvcrncmcnt p,·o,·igoire ne monta à la tribune pour défendre le décrel qui a\'ail été signé 1>ar eux tous. La bataille fut chaude néan1l1oi11s et l1on y dt reparaitre les trois opinions qui se- dispu• Laient le:'-('Sprils en matiè1·c d'é·conon~ie sociale. L'une était l'opinion radicale el socialiste en fa,·etn· de cc que Pierre Leroux appela le • décret immortel» du Gouvernenicnl provisoii·e.L'autrc étaiJ. l'opinion <liaméll'alemcnt opposée, celle des écononii-.tes, Jll'èchant l'ab6tcnlion gouvernementale. La troisiC.mc était un<' opinion inte1·médiaire, admettant l'intervention de ri'•:tat, mais élevant à douz.e le maximurn <les heures autorisées par la loi. Pierre Leroux lut un long discours, moins diffus que de coutume. JI montra d'abord que le conlral passé entre un capitaliste, c1ui a de l'argent et qui peut attendre, c-t un ouvrier, qui doil,sous peine de mort, trouver une besogne immédiate, ne peul être décemment appelé un contrat librement conclu: il soulin1 que l'Etat a le droit d'empêcher que, sous prétexte de respecter cette illusoire liberté de contrats, on ne détruise la liberté vraie; qu'il a toujours usé de sa prél'Ogativc qui est de défendre les faibles contre l'oppression des forts, par exemple en limitant :1 un certain taux l'intén't de l'argent ou en pl'Oscrivanl l'emploi des enfants dans l'industrie arnnt un
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==