MISTOIRE SOCIALISTE 28!, de s'émanciper par ses seules forces, l'inlerve11tion législative s'exerçait cependant en sa faveur. Le Gouvernement p1·0,·isoire et mèmc la Constituante, surtout à ses débuts el i1ses derniers jour!:!, se montrèrent disposés ù améliore,· les rondit ions de la vie ouvrière. L'un rPnclit des décrrts, l1.111Ll'e fit des lois en cc sen:-, rnais dl-jit en restreignant ou rn abolissa11t Ir~ décrctt; les plus hardis. Après quoi Ir rnou\'cmenl sr ralentit cl t·c~:-:a pl'csquc c11tièrcment sous la Législative. L'enquête sur le lra,,ail agricole el ùidastrit!{. - La Constituante, dès Ir ô mai, était saisie d'une proposition dont les signataires forrnaie11t un véritable an·-en-cicl: car on rencontrait parmi eux \Yolowski, Considcranl, Léon Faucher, C,·cppo, Falloux, etc. Elle arnit pour objet la nomination d'une Commission, diargéc de procéder ;, une <'IHjlll~lc sur la silualion des Lra"ailleurs agricoles et induslricls. Elle était ,·otée ù l'unanimité, le jour mème oll l'on refusait à Louis Blaru: la crëalio11 d'un ~liriistèr<' ùc tra\'ail et du progrès. Comp('nsalion illusoire! C'élail substituer à un organe d'action, ü un rouag(' du pou,·oir exécutif, une ,•aguc rëunio11 consultative dont il faudrait allendrc longtemps les condusions. Elle dc,·ait ètre de trente-six membres, fut nommée par les bureaux, puis se fondit dans un des grands Comités entre lesquels se répartit l'Assemblée, le Comité du travail, qui compta• bien tùt de 70 à 80 membres. Ce Comitéehoisitpour président Co,·bon. Il énivit à Louis Blanc pour lui offrir de prendre part à ses délibérations: mais Louis Blanc, déjit poursuivi (23 1\lai), ne crut pas de\'oir accepter une place dans un Comité hostile à ses idées. Le socialiste anglais Robert Owen, qui était alors à Paris, fut invité à y venir exposer son système, invitation qui ne parait pas avoir été suivie d'effet. \Volowski, Bastiat, Falloux, l'ouvrier catholique Peupin, le pasteur Coquerel, Waldeck-Rousseau, Morin, Rouher, Pascal Duprat, Michel Alcan, en furent les membres les plus actifs. Ce Comité eut fort à faire. J'ai dit son rôle dans la question des Ateliers nationaux. Il eut de plus, comme avait fait la Commission du Luxembourg·, dont il était une réduction parlementaire, i1 intervenir officieusement pour r·égler les différends entre patrons et ouvriers. Il eut surtout à.étudier tous les projets r;;latifs au travail et aux travailleurs qui lui furent envoyés de l'Assemblée ou du dehors. On peut suiv1·e, au jour le jour, dans ses procès-verbaux, la marche de l'opinion. Avant les journées de Juin, les proposilion hardies, fa,,orables aux ouvriers, y abondent; après viennent des mesures de recul, clétruisant ce qu'avait fait le Gouvernement provisoire ou ajournant des projets d'abord acccp•és. Les partis réactionnaires trou\'èrent pourtant que c'était trop d'entretenir un foyer d'étude des questions sociales; car it l'Assemblée Législative, le 31 Juillet 1849, Roselli-Mollet, représentant de l'Ain, ayant demandé avec quelques collègues de gauche qu'on nommât une Commission de trente membres, pour examiner les propositions propres à favo-
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