Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE l'ise,· le dé,eluppcmcnl du t..a,·nil cl prévues po,· l'articlc 13 de la Constitution, n'ol>ti111q11'11n 1·apporl hostilr où il était nceusl• d'inlrnlions spoliatrices à }'4~g-al'dJu •·apilnl: rl la ChamlHr, sr rrrusanl i1 prrndrr en considé1·alion ('('Ill~ .. kmandr. l'(~solul <le l'C'llvo~·ci· Ioules les questions <·oncc1·nanl le travail au Comih; d'assistnn,·e. Cc changement en dis~tit g1·0s sur le chang-cmcnl des cspl'ils. I.e sol'ialismc n'appal'11I qu'une fois à la 11·ibune de la Législulive: c'rst quand 011 discuta, le 7 Janvi<.•1· 1850, );\proposition de Pelletier cl Dcfonlaine su,· l't'xlinelion de la misi·,·e cl l'abulilion du p,·ol(•lal'iat. Il y fît l'effet d'un l'rvenant 111alrneonlrcux qu'on se h;ile tic foire <lispa1·alll'C. La proposition. qnoique beaucoup plus modfréc que <'elle de Proudhon en J8',8, l'ut 1·erueAV('C des frémissements d'indignation cl ne rrrucillit, commr l'n11ll'C', que deux ,·oix. Pour en 1·c,·cni1ù· la Conslit11antc, elle c1·én, outre le Comité du travail, un autre instruna'\11l dr rëforrnc!i-. Ap1·ès un discours véhément p1·ononl'é le JG ~lai par Billant, clic avait déri<lt' une grande enquête qni t·uulerait sur ln question du travail et <(Ili s\'·tcnd1·nit i1 toutr·s les p,utics du tcrritoit'c, ,;1êine i, l'Algérie. Dans chaque chef-lieu de canton, sous la présidcnre du juge de paix. une Commission locale, composc..'•dre délégués élus 011 nombre égal par les patrons cl pat· le:; otn'l'irrs, dc\'ait cnrrgist1'èr les réponses qui seraient faites " un ,·astc questionnaire. Il ne comprenait pas moins de vingt-neuf questions. que l'on peul di\'ÎSC1'en trois groupes: le pt•cmicr relatif ù la situation rnah'ricllc des tra\'aillcurs, ù leurs salni1·e!-., à la longueur des jo11t·• nées, au plus 011moins de salubrité dr leur g-enre de YÎC, it leur façon _de s'habiller el de se nmi'rrir; le second se rnpportant à leur condition spil'itnclle (instrnctiun générale ri p,·ofessionnrllc, éduralion morale et rclig-icuse1; ((' t1·oisiëmc compr('nnnl les vœux et dési1·s quïls pouYaient ronco• voir en vue d'améliorc,· lcur sort cl d'arrêter, rc qui fut une idée Oxe des hommes de 1848, l'émigration des campagnards dans les villes. Celle <•nqu,'tc i•nm·mc eut une bizal'l'c dcstinfc. D'nbot'Cl on avait d,'créti'• {25 rnai qu'clJc devait ,'-trc lel'l'ni11éeen un rnoig, d{•lai t'vidcmmcnt trop rourt, (•tant donnée la mnltiplil'it<' drs interrogations post'-es. Mais le délai fut anSsi largement dépassé q11'u11de\'Îs d'al'chitectc. L'enquête traina en longueur pour des 1·aisons di\'crscs. A Paris, le rnai1·c, qui était alors 'Marrast, s'opposa de toutes ses forces,\ l'élection des délégués patronaux el ouvriers; il craignait comll"1(•le feu de ,·oir renaitre ]a Com1nisgion du Luxembourg. Aussi fut-cc une rnquête, faite par la Chambre de commerce a,·ec grand soin, mais avec <le toutes autres méthodes, qui l'Ctnplara le coup de sonde qu'on avait voulu jeter au fond de!:. mansardes cl des <'onsciences ouvrières. En pl'O\'Înee, su,·toul dans quelques grandes villes, les ouvriers, conYoqués par les journaux ou, suivant un antique usage, à son de trompe, hésitèrent à se présente,·, l'edoutanl uue inquisition policièl'e.Lcsjournées de Juin leur inspiraient des doutes légitimes s111·les intentions qu'on al'ait à leur égard, Il

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